Lattre du 15 mai 1907, à M. l'abbé X. Op. cit., p
■LX lOl BU CUniQUE 123
menl à la réalisé, « Prises à la lettre, dit-il, ces deux idées se présentent comme deux chimères qui ne pouvaient être réalisées, et qui ne l'ont pasété^ « Néanmoins, quelque part qu'il faille y faire à l'illusion, elles ne lui paraissent pas complètement en dehors de l'être et de la vérité. Le royaume de Dieu, c'est en réalité le règne de la justice et du bonheur que l'Evangile tend à établir sur la terre, au sein de l'humanité.
« Son rêve », dit-il, en parlant de Jésus, « était son projet même, la réalisation du bonheur parfait dans la parfaite justice, de l'im^nortalité dans la sainteté. Et cette réalisation était déjà opérée en lui par l'union à Dieu, la confiance au Père céleste, la certitude intime de l'avenir éternel garanti à l'humanité en sa personne et par lui-même. L'historien comme tel ne peut apprécier la valeur objective de cette persuasion; le chrétien n'en doutera pas, et même on n'est chrétien que si on l'admet^. » Et en effet, « le principe évangélique, nonobstant les limitations inévitables de sa manifestation initiale, est une source inépuisable de progrès humain, par sa puissance indéfinie d'adaptation aux conditions variables de l'humanité. Jésus n'a pas fait profession de science, et les apôtres étaient des gens peu