‹ Les théories de M. LoisyChapitre 87 sur 235 · Lettre citée, du 17 juin 1907. Op. cit., p · texte numérisé non relu

Lettre citée, du 17 juin 1907. Op. cit., p

3. L'Éi'angile et l'Église, 2e édit., 1903, p. 111. — Cf. l'interview avec M. Gustave Téry, dans le Matin, 13 février 1908 : « Si tout ce que dit l'iiistoiien Loisy est exact, l'abbé Loisy ne peut plus croire que le Cbrist soit ressuscité d'entre les morts... M. Loisy ne sourit plus. — En effet, dit-il, s'il faut entendre par résurrection que le cadavre de Jésus est revenu à la vie, le fait n'est ni démontrable, ni démontré; mais il reste vrai que le Cbrist est ressuscité, en ce sens qu'il revit, ou, si vous aimez mieux, qu'il survit dans son Eglise. — Sans doute, mais ce n'est plus qu'une métaphore...» — Gomp. Renan, Vie de Jésus, 13= édit., p. 440: « Repose maintenant dans ta gloire, noble initiateur. Ton œuvre est achevée; ta divinité est fondée... Désormais, hors des atteintes de la fragilité, tu assisteras, du haut de la paix divine, aux conséquences infinies de tes actes. Au prix de quelques heures de souffrance, qui n'ont pas même atteint ta grande ànie, tu as acheté la plus complète immortalité. Pour des milliers d'années, le monde va relever de toi !... Mille fois plus vivant, mille fois plus aimé depuis ta mort que durant les jours de ton passage ici-bas,

126 DE LA CONDAMNATION A l'bNCYCLIQCB

Un christianisme aussi dilué, où Dieu est présenté comme la Loi qui préside à la vie du monde physique et du monde moral, beaucoup plus que comme l'Etre qui vivifie toutes choses, le Créateur que l'on honore, le Père que l'on prie et que l'on aime, où le Christ n'est plus qu'un homme, né comme les autres hommes, grossièrement illusionné sur la nature du royaume de Dieu et son propre rôle messianique, dont on ne voit pas bien s'il survit autrement que par son influence permanente dans l'Eglise, et si sa qualité de Médiateur ne tient pas simplement à ce qu'il s'est trouvé, sans le savoir, à la tête du plus grand mouvement religieux qui se soit produit dans l'humanité, un tel christianisme ressemble fort à celui du protestantisme libéral le plus extrême. Il se rattache étroitement aux systèmes esquissés par Auguste Sabatier, M. Edmond Stapfer, M. Adolf Harnack, sauf qu'il les dépasse notablement en plus d'un point.

« Qu'il le veuille ou non, écrivait naguère Jean Réville, M. Loisy est en réalité un protestant libéral. Il n'a de catholique que le nom *. »

Et cependant, M. Loisy ne veut pas entendre parler de protestantisme. Le catholicisme seul lui paraît répondre, non seulement au principe originel du christianisme, mais encore aux aspirations

tu deviendras à tel point la pierre angulaire de l'humanité, qu'arracher ton nom de ce monde serait l'ébranler jusqu'aux fondements. Entre toi et Dieu, on ne distinguera plus. Pleinement vainqueur de la mort, prends possession du royaume où te suivront, par la voie royale que tu as tracée, des siècles d'adorateurs ! » i. J. Réville, dans Le Protestant, Zi janvier 1904.

naturelles de l'individu et aux besoins fondamentaux de la société humaine.

Il se plaît à le répéter : « l'inclination générale des protestants... à considérer l'individu comme un tout indépendant, la foi personnelle comme une religion complète, l'expérience de chacun comme une révélation totale en soi, méconnaît le caractère social de l'être humain et la solidarité foncière, je veux dire physique, intellectuelle et morale, qui existe entre chaque individu et le reste de l'humanité, passée, présente et future' ». « La question, au point de vue général de la philosophie religieuse, est celle-ci : la religion est-elle un fait individuel, ou un fait social ? Au point de vue de cette philosophie appliquée à l'histoire du christianisme, la question est : le Christ a-t-il voulu fonder une religion individualiste, ou bien la société des justes et le service universel du salut ? A cette double question, j'ai toujours répondu : la religion est un fait social ; la religion chrétienne est une société universelle, qui tient du Christ le principe de son institution et de sa foi. Rien n'est moins protestant. » « Je crois que mon système, en tant que système il y a, diffère essentiellement du protestantisme^. »

L'auteur sera donc catholique, et catholique romain. Il admettra tous les dogmes de l'Église, mais en les interprétant selon les conclusions de sa critique personnelle, c'est-à-dire en en contcs-

1. Lettre du 26 décembre 1904, à M. P. G., étudiant en théologie, à Genève. Op. cit., p; 44.

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