Simples réflexions..., p. ll'i-H
128 DE LA CONDAMNATION A l'eNCYCLIQUE
tant intérieurement le rapport avec l'histoire et avec la réalité. Il gardera le culte, les sacrements, le sacerdoce, mais en les comprenant à sa façon, c'est-à-dire comme de purs symboles, ayant une efficacité religieuse essentiellement relative.
On comprend qu'une telle foi n'ait pas besoin de se justifier par des motifs de crédibilité extraordinaires. M. Loisy rejette, de fait, tout extrinsécisme. « Je me demande, dit-il, si l'on peut établir historiquement qu'il y a une chaîne de... miracles, unique par son caractère et sa continuité, qui aurait servi, perpétuellement et directement, d'auxiliaire aux vérités morales de la religion juive et chrétienne... Je ne suis pas très éloigné d'admettre que le miracle et la prophétie sont d'anciennes formes de la pensée religieuse qui sont appelées à disparaître^. » « La démonstration catholique ne peut manquer d'évoluer avec la croyance, pour se proportionner à celle-ci. » Or, celle-ci « se proportionne à la réalité de toutes les expériences humaines"^ ».
« Le mouvement religieux du présent, là où il y a mouvement », dit-il encore, « tend à fonder la foi sur l'expérience intime et sur le développement de la conscience personnelle ^. » « Par une légère ironie à l'égard de certains immanentistes, enclins à penser que leur philosophie manquait à mon exégèse, j'ai, dans une occasion que semble viser
1. Lettre du 23 décembre 1906, à M. Le Roy. Op. cit.., p. 61,
2. Lettre du 17 juin 1907, à M. l'abbé X.,cuié. Op. ci<.,p.l51