Ibid., p
nion catholique ^. » Or, à cinq reprises difFérentes, au lieu de donner, comme il l'annonce, « la proposition rigoureusement contradictoire », M. Loisy nous donne la proposition contraire^ de telle sorte que la pensée du Saint-Siège se trouve, sinon faussée, du moins nettement majorée.
Ainsi, le Décret condamne la proposition iv : « Le magistère de l'Eglise ne peut pas, même par des définitions dogmatiques, déterminer le sens propre des saintes Ecritures. » Le critique formule comme « vérité officielle » correspondante : « Le magistère de l'Eglise peut, swr^ow^ par des définitions dogmatiques, déterminer le sens propre des Ecritures'^. »
La proposition xiv est ainsi conçue : « En beaucoup de récits, les évangélistes ont rapporté, non pas tant ce qui est vrai, que ce qu'ils ont estimé, quoique faux, plus profitable aux lecteurs». M. Loisy présente la proposition orthodoxe sous cette forme : « En aucun récit, les évangélistes, etc.^. »
A la proposition xv : « Les Evangiles, jusqu'à la fixation et la constitution du canon, se sont accrus d'additions et de corrections continuelles; c'est pourquoi il n'y est demeuré de la doctrine du Christ qu'une trace faible et incertaine », le critique oppose : « Les Évangiles, même avant la fixation et la constitution du canon, ont été exempts d'additions et de corrections; c'est pourquoi la doc-
2. Ibid., p. 118. Au lieu de : « Peut, même par des définitions dogmatiques ».
3. !bid., p. 122. Au lieu de : « Ce n'est pas en beaucoup de récits r^ue les évangfélisles... »
EXAGÉnATIONS ET MEPRISES 147
trîne du Christ y est demeurée complète et cer^ taine^. »
Proposition xix : « Les excgètes hétérodoxes ont exprimé plus fidèlement le véritable sens des Ecritures que les exégètes catholiques. » Vérité officielle, d'après M. Loisy : « Les exégètes hétérodoxes ont exprimé moins fidèlement, etc.^. »
Proposition xxx : « Le nom de Fils de Dieu... ne signifie aucunement que Jésus soit le vrai et naturel Fils de Dieu. » Texte prétendu orthodoxe : « Le nom de Fils de Dieu... signifie réellement, etc.^. »
M. Loisy va jusqu'à oublier que les termes des propositions condamnées sont empruntés à ses ouvrages et que la Congrégation romaine n'entend pas nécessairement les prendre à son compte dans les propositions contradictoires qui peuvent leur être opposées.
Ainsi, la proposition xxii, tirée de L'Evangile et r Eglise'', porte : « Les dogmes que l'Eglise présente comme révélés ne sont pas des vérités tombées du ciel, mais c'est une certaine interprétation des faits religieux, que l'esprit humain s'est acquise par un laborieux efibrt. » Il est bien évident que la pensée du Saint-Office va surtout à réprouver ce qu'affirme la seconde partie de la proposition, et que, si elle entend affirmer ce que nie la première, c'est seule-
1. Ibid. Au lieu de : « ne se sont pas accrus continuellement d'additions et de corrections : ... il n'y eaipas demeuré seulement de la doctrine du Christ une trace faible et incertaine. »
2. Ibid., p. 124. Au lieu de :« a' ont pas exprimé plus fidèlement. «
3. Ibid., p. 126. Au lieu de : « sig'nifie de quelque manière... »
ment pour l'idée et non pour les termes. M. Loisy néanmoins formule ainsi sa vérité officielle : « Les dogmes que l'Eglise présente comme révélés sont des vérités tombées du ciel, etc. ^ . » Aussi trouve-t-il l'occasion bonne pour se livrer à son jeu d'esprit favori : « Comment, dit-il avec beaucoup de délicatesse, s'y est-on pris pour recueillir ces aérolithes et les mettre en circulation sur la terre ^? »
Et dire que le même auteur stigmatise si vigoureusement la méthode de déduction systématique et intransigeante, qu'il déclare propre aux théologiens de l'Ecole!
Le parti pris de dénigrement conduit M. Loisy à des insinuations si nettement contraires à la vérité des choses qu'on serait presque tenté de suspecter sa bonne foi. Ainsi en est-il de ses réflexions touchant la proposition xxix, formulée en ces termes : « On peut accorder que le Christ que présente l'histoire est de beaucoup inférieur au Christ qui est l'objet de la foi. »
Après avoir cité le passage à' Autour d'un petit livre^, visé par le décret : « On a dit que, dans ces conditions, le Christ de l'histoire serait bien au-dessous du Christ de la foi, que ce ne serait pas le même, que l'Evangile de Jésus et la foi de l'Eglise seraient une double illusion », le critique ajoute :« C'est une objection que l'on a soulevée contre le chapitre du Fils de Dieu, dans L'Evangile et l'Eglise. La S. Congrégation la transforme en