DES CONNAISSANCES HUMAINES
de n en ajouter de nouvelles que quand on se sera ferailiarisé avec les premières, et quon se trouvera dans des circonstanœs propres à les faire entrer dans l'esprit d'une manière claire et précise (1). »
Quand nous aurons ainsi déterminé pour nous-mêmes
les idées simples et les idées complexes (2), « les autres hommes entreront dans nos pensées, pourvu que nous les mettions dans des circonstances où les mêmes idées simples soient l'objet de leur esprit comme du nôtre, et où ils soient engagés à les réunir sous le même nom que noué les aurons rassemblés (3). » Telle est, suivant Condillac, la manière dont il feut s'y prendre pour déterminer les idées elles mots.
3. Après nous avoir feit connaître la cause de nos erreurs et les moyens d'y remédier, Condillac va nous enseigner la méthode à suivre pour découvrir la vérité.
Voulez-vous, dit-il, procéder avec ordre dans la reclièrche de -la vérité? Imitez les mathématiciens (4). Prenez pour principes les idées simples fournies par la sensation et la réflexion (5). Réunissez les idées simples en différentes collections (6) qui, en se combinant à leur tour, en produiront d'autres, et ainsi de suite; et consacrez des noms distincts à chaque idée simple et à chaque collection.
L'ordre qu'on doit suivre dans la recherche de la vérité consiste à remonter à l'origine des idées, à en développer la génération, et à en faire différentes compositions et décompositions (7). En cela consiste l'analyse (8). Car l'analyse a pour secret la liaison des idées (9), et la combinai-
(1) Condillac, Œuvres, 1. 1, p. 478. — (2) Pour la discussion, voir ci-après Ile partie, chap. ix. — (3) T. i, p. 484. — (4) T. i, p. 4«6. — <5) Ibid., p. 4«7- — (6) Ibid., p. 488. —(7) Ibid., p. 497. — (8) Ibid., ibid. —(9) Ibid., p. Soi.