‹ Les théories logiques de Condillac (volume 2)Chapitre 6 sur 74 · ANALYSE DE L'ESSAI SUR L'ORIGINE · texte numérisé non relu

ANALYSE DE L'ESSAI SUR L'ORIGINE

son où cette liaison se rencontre est celle qui se conforme à la génération même des choses (1).

Condillac, en exposant sa méthode, critique celle de Descartes (2). D après lui, le doute de Descartes est insuffisant, inutile même, parce que, tout en révoquant les idées en doute, on les laisse subsister avec toute leur indé* termination; il est impraticable, car si Ton compare des idées familières et bien déterminées, comme celles des nombres, il n*est pas possible de douter des rapports qui sont entre elles (3).

a Dans la méthode de Descartes, ajoute notre auteur, les choses simples qui doivent nous servir de point de départ sont des idées innées, des principes généraux et des notions abstraites. Dans la méthode que je propose^ les idées les plus simples sont les idées particulières qui

nous viennent par sensation et par réflexion (4) Selon

Descartes, il faut commencer par définir les choses, et regarder les définitions comme des principes propres à en faire découvrir les propriétés. Je crois, au contraire, qu'il faut commencer par les propriétés (5). »

4. Enfin, une dernière question se présente, c'est celle de la méthode à suivre dans l'exposition de la vérité (6). « Pour exposer la vérité dans l'ordre le plus parfait, il faut avoir remarqué celui dans lequel elle a pu être naturellement trouvée (7). » Par ce moyen on éclaire le lecteur, on le met en état de faire des découvertes luimême et de se rendre raison de toutes ses démarches (8).

Ainsi l'analyse, qui est la méthode à suivre dans la dé-

(i) Condillac, Œuvres, 1. 1, p. 5o2. Pour la discussion, voir II* partie, ch. ii. — (2) T. l, p. 493 et 494. — (3) Pour la discussion, voir II» part., chap. ii. — (4) T. I, p. 495. — (5) Ibid., p. 496. — (6) Discussion, II» part., chap. vi. — C7) T. I, p. 514. — (8) Ibid., ibid.

Page 1