‹ Les théories logiques de Condillac (volume 2)Chapitre 52 sur 74 · PORT-ROYAL ET CONDILLAG · texte numérisé non relu

PORT-ROYAL ET CONDILLAG

sions, toul a subi des modificatious fréquentes. Ainsi, quelque éloge que Ton puisse faire de Y Art de pemery ce n'est pas un ouvrage de premier ordre , ce n*est pas un monumeni: philosophique , et nous ne pouvons nous décider à le mettre au-dessus de la Logique de Condillac et de la Langue des calculs.

Si donc, entre Pascal et Condillac, nos préférences hésitaient déjà , rembarras u*est pas moindre quand nous comparons notre auteur aux logiciens de Port-Royal. Des deux côtés même insuflisance dans la logique spéculative, même dédain pour tout ce qui semble n'être d aucun usage, comme si Futilité pratique était tout dans les sciences. Condillac se trompe sur les universaux ; mais il valait mieux se tromper que de supprimer dédaigneusement le problème , comme MM. de Port-Royal. Ceux-ci exposent savamment, d aprèâ Aristote et Técole, tout ce qui concerne les termes, les propositions, les arguments ; mais, comme on sait , ils n ont qu'une médiocre estime pour toute cette science, et ce qui leur est propre, dans cette partie de Vjért de penser^ ne vaut assurément pas les aperçus nombreux et originaux de Condillac sur le raisonnement.

En méthodologie, Port-Royal distingue l'analyse et la synthèse confondues par Condillac. Mais celui-ci donne, sur les sciences d'observation , des préceptes que l'on chercherait en vain dans Port-Royal. Arnauld et Nicole séparent nettement la définition de mots de celle de choses ; mais Condillac, suivant pas à pas le progrès de l'esprit et la génération des idées, est plus intéressant et plus instructif que les logiciens de Portr-Royal répétant après beaucoup d'autres que les définitions de mots sont arbitraires, et qu'elles ont seulement pour but de prévenir tout malentendu au commencement d'une discussion.

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