DES CONNAISSANCES HUMAINES
couverte de la vérité, est aussi la méthode dont on doit se servir pour exposer les découvertes qu'on a faites (1).
Telles sont les idées exprimées dans la dernière section de Y Essai sur Vorigine des connaissances humaines. Il n'était pas inutile de nous y arrêter. Car cet ouvrage a son importance comme écrit logique. Condillac en tirera la plus grande partie de Y^àrt de penser. Il y indique déjà, comme nous l'avons dit, la plupart de ses vues sur la méthode, et si, dans la partie psychologique du livre, on entrevoit d'avance le Traité des sensations y la partie logique fiiit pressentir la Langue des calculs. Seulement l'auteur n'est pas tout à fait ce qu'il sera plus tard. De même qu'il est encore, comme psychologue, le disciple de Locke, de même il semble hésiter, comme logicien, à rompre complètement avec les opinions communes. Il n'a pas non plus son vrai style, celui de la Logique et de la Langue des calculs; il n'a pas cette assurance dogmatigue, ce ton sec et tranchant que lui donneront plus tard une gloire incontestée et l'absence de tout adversaire sérieux. « Il me semble, dit-il , qu'une méthode qui a conduit à une vérité peut conduire à une seconde, et que la meilleure doit être la même pour toutes les sciences (2). » Non, ce n'est pas encore là le style de Condillac. Dans ses derniers ouvrages, il exprimera plus d'une fois la même idée. Mais il ne dira plus il me semble,
(i) Condillac, Œuvres, t. I, p. 5i6. — (2) Ibid., p. 486.