PORT-ROYAL ET GONDILLAG
semblable à Condiliac. Il est resté jusqu'au bout tel qu on lavait vu d abord.
Nous D oserons donc pas, en terminant notre parallèle, donner à Pascal sur Condiliac cette supériorité marquée qui nous a semblé appartenir incontestablement à Descartes. Du reste, entre les deux auteurs que nous comparons, il y a plusieurs traits de ressemblance. Tous les deux ils font la guerre au syllogisme; ils veulent tous les deux simplifier la méthode; tous les deux enfin, ils travaillent à Tœuvre commune du progrès philosophique.
§ 4. — Port-Royal et Condiliac.
Œuvre de deux hommes distingués, théologiens de profession, mais très-versés dans 1 étude des sciences et des lettres, la Logique de Port-Royal sera toujours regardée comme un des meilleurs traités que nous possédions en ce genre. Nous renonçons à indiquer ici tous les excellents préceptes, toutes les pensées solides, tous les exemples intéressants qui rendent si agréable et si instructive la lecture de cet ouvrage. N'insistons que sur les points où les auteurs se rencontrent avec Condiliac. Nous voulons parler des questions de méthode.
Pour ce qui concerne lanalyse, Arnauld(l)suit presque partout le manuscrit de Descartes, mis entre ses mains par Clerselier. Toutefois, il y ajoute quelques réflexions qui ne sont pas sans valeur. En observant que l'analyse trouve la solution d'une question dans la question elle-même, il anticipe sur ce précepte condillacien tant vanté par Laromiguièrc, que les idées moyennes se trouvent dans l'analyse de la question. Plus loin, il formule d'une manière géné-
(i) On croit, d'après le témoignage de Louis Racine, que toute la 4* partie est d'Arnauld.