POR-TROYAL ET CONDILLAC
raie, et avec autant de clarté que de précision, le procédé de l'équation algébrique. Enfin, il termine par cette remarque très-sensée, que « l'analyse consiste plus dans le jugement et dans l'adresse de l'esprit que dans les règles particulières (1). » Passant ensuite à la méthode de composition, et particulièrement à la synthèse des géomètres(2) , il éclaircit par des exemples les règles posées par Pa,|scal, et il montre en quoi certains géomètres, Euclide surtout, ont manqué à ces règles; il dit quelques mots sur une question que Pascal n'a pas traitée comme il se proposait de le &ire, celle de l'ordre que l'on doit mettre dans les propositions. Cet ordre, qui consiste à commencer par les choses les plus simples et les plus faciles, n'a pas toujours été suivi par les géomètres. «Ils brouillent toutes choses et traitent pêle-mêle les lignes et les surfaces, les triangles et les carrés, prouvent par des figures les propriétés des lignes simples, et font une infinité d'autres renversements qui défigurent cette belle science (3). »
Ârnauld marque plus nettement qu'aucun autre logicien la distinction de l'analyse et de la synthèse. Il insiste sur les ressemblances et les difiërences des deux méthodes. Elles se ressemblent en ce que, dans l'une et dans l'autre, il faut passer de ce qui est plus connu à ce qui l'est moins. Elles diffèrent en ce que, dans l'analyse, on ne propose les maximes claires et évidentes qu'à mesure qu'on en a besoin, et, dans l'autre méthode, on les établit tout d'abord.
Il faut mettre au nombre des meilleurs morceaux de la Logique de Port-Royal le chapitre XII de la l*"* partie, sur les définitions de noms, et le XVI® de la 2* partie, sur les définitions de choses. Ces deux chapitres ont de plus un
(0 Logique de Port-Royal^ 4* part., ch. II. —(2) Ibid., ch. III.— (3) Ibid., ch. IX.