‹ Les théories logiques de Condillac (volume 3)Chapitre 46 sur 71 · PORT-ROYAL ET GONDILLAG · texte numérisé non relu

PORT-ROYAL ET GONDILLAG

intérêt particulier, quand il s agit d'un parallèle avec Condillac. Les définitions de noms et les définitions de choses, mal distinguées par les condillaciens, le sont ici avec une netteté qui ne laisse rien à désirer.

MM. de Port-Royal sont à la fois exacts et complets dans les règles qu'ils donnent sur l'emploi des définitions de noms. Ils ne tombent pas dans lexcès des condillaciens, qui on abusent sans cesse, qui veulent toujours refaire la langue, et qui s'écartent de l'usage sans se rapprocher de la vérité. Laromiguière prétend que, parmi les philosophes du xvu® et du xvm® siècle, Condillac est le seul qui ait montré à quelles conditions les définitions peuvent être prises pour principes (1). A notre avis, la question a été parfaitement résolue dans ce passage de Port-Royal : « Il s'ensuit troisièmement que toute définition de noms ne pouvant être contestée, peut être prise pour principe... (2). »

Dans le chapitre XVI" de la 2"® partie, on trouve les vieilles règles très-connues sur la définition de choses et rénumération de points de vue divers, auxquels on peut se placer pour définir. Ainsi, on définit par la cause, par la matière, la forme, la fin, etc., etc. Sans doute on chercherait vainement ici les ingénieux développements de Condillac sur les définitions par la génération des idées ; mais les auteurs indiquent l'essentiel, et surtout ils n'excluent rien. Enfin, ils terminent par cette remarque fort juste : a Bien diviser et bien définir dépend beaucoup plus de la connaissance de la matière que l'on traite que des règles de la logique. »

- On peut voir, d'après ce qui précède, ce que la science logique doit à MM. de Port-Royal, sur plusieurs questions

(i) Laromiguière^ Leçons de philosophie, 1. 1, p. 32o. — (3) Logique de Port- Royal, !• part., ch. Xll.

Page 1