PORT-ROYAL ET CONDILLAC
ces physiques et naturelles. « On devrait, disent-ils, se servir des sciences comme d'un instrument pour perfectionner la raison... Si Ton ne s'y applique dans ce dessein, on ne voit pas que l'étude de ces sciences spéculatives, comme de la géométrie, de la physique, soit autre chose qu'un amusement assez vain (1). » Cette pensée est originale et noble, mais, en présence des applications des mathématiques et de la physique, elle devient chaque jour moins vraie.
On a encore critiqué, avec non moins de justice, le plan de cette logique : idée, jugement, raisonnemient, méthode. On a montré que la méthode n'est pas une quatrième opération faisant suite à l'idée, au jugement et au raisonnement. La méthode est la logique pratique; elle diffère tellement de la logique spéculative, que l'on a quelquefois douté qu'elles formassent à elles deux une seule et même science. MM. de Port-Royal, qui juxtaposent la vieille logique péripatéticienne avec la méthodologie de l'école de Descartes, ne distinguent nulle part deux choses si différentes. On peut dire qu'ils confondent également, pour ce qui regarde les opérations de la pensée, ce qui relève de la psychologie avec ce qui appartient à la logique.
11 ne fallait pas non plus, selon nous, renvoyer au commencement de la quatrième partie la question de la certitude et du scepticisme; il ne fallait pas reléguer à l'article raisonnement la question si générale des causes et des remèdes de nos erreurs.
Les différentes imperfections que nous venons de signaler tiennent surtout à l'absence de lien systématique et de vues d'ensemble. Mais ce dernier défaut lui-même vient peut-être d'une des fautes les plus graves où soient tombés
(i) Premier discours en tête de la Logique de Port-Royal,