LA LOGIQUE DANS SBS RAPPORTS AVEC LA GRAMMAIRE
faits, la grajTimaire générale est surtout déductive et logique.
Peut-être demandera-t*on comment notre auteur s*y prend pour remonter aux origines des langues. Il nous l'apprend lui-même : a Pour juger, Monseigneur, des analyses qui se sont faites à la naissance des langues, il faudrait s'assurer de l'ordre dans lequel les choses ont été nommées. On ne peut former à cet égard que des conjectures ; encore seraient-elles d'autant plus incertaines, qu on entrerait dans de plus grands détails. Comme l'organisation, quoique la même pour le fond, est susceptible, suivant les climats, de bien des variétés, et que les besoins varient également, il n'est pas douteux que les hommes, jetés par la nature dans des circonstances différentes, ne se soient engagés dans des routes qui s'écartent les unes des autres. Cependant ces routes partent d'un même point, c'est-à-dire de ce qu'il y a de commun dans l'organisation et dans les besoins. Il s'agît donc d'observer les hommes dans les premiers pas qu'ils ont faits. Bornons-nous à découvrir comment ils ont commencé, et nos conjectures en auront plus de vraisemblance (1). »
On voit reparaître ici la doctrine de Condillac sur Torigine du langage, doctrine où le rôle de l'esprit est complètement effacé, et qui explique le langage articulé par le langage d'action, et le langage d'action lui-même par la confornriation de nos organes, par les circonstances extétérieures et par nos besoins. On y retrouve aussi la méthode divinatoire du Traité des sensations. Seulement l'auteur a la sagesse de se borner à découvrir comment les hommes ont commencé. Nous ne reviendrons pas sur ce mode étrange A'obsen^ation que nous avons eu déjà
(i) Grammaire^ p. 77.