APPLICATION DE LA LOGIQUE A L'ART D'ÉCRIRE
qjÀi justifient ceux qui s' accusent y o^ n'est pas pour rappraclier l'objet dont il s'agit, ai pour en rendre les traitas plus distincts et plus sensibles.
Les plus belles périphrases sont oixlinairement celles qui expriment à la fois une pensée et un sentiment. Condillac voit en cela une nouvelle confirmation de son principe. Car, dit-il, « rien n'est plus lié aux propositions que nous formons que les sentiments dont nous sommes affectés (1). » Pour se oontenter d'une telle explication, il faut avoir grande envie de retrouver partout la liaison des idées.
 côté d'aperçus théoriques plus subtils que vrais on trouve, dans VArt (Técrirey une critique quelquefois étroite et vétilleuse. La liaison des idées devient un véritable lit de Procuste ou l'on place tour a tour une page d'éloquence ou un morceau de poésie. Boileau, le plus précis et le plus correct de nos poètes est accusé de diffusion et de redondance. Citons quelques-unes de ces critiques.
Sous ce titre. Des accessoires propres à déi^elopper une pensécy Condillac traite de ce que les rhéteurs appellent amplification, et il déclare que la plus grande liaison des idées est ici l'unique règle (2). A ce propos, il blâme les écrivains qui s'a{^)esantisseiit pour dire une même chose de phisieurs manières, parce que ces répétitions nuisent à la liaison des idées (3). Exemple :
« \^ ennuyeux loisir d'an mortel sans étude est la plus rude fatigue que je connaisse : Si, pour ajouter de nouvelle modifications à ce loisir, je dis : ce loisir est celui et un homme qui est dans les langueurs de Poisi^eté, qui est escloi^e de sa lâche indolence^ on yerra que je m'arrête
(i) Art d'écrire^ p. 162. — (3) Ibid., p. iSg. — (3) Ibid., p. 140.