Histoire de la Révolution, tome III, p
constamment la suppression. (On a fait grand bruit, dit-il, des entrainements possibles d’une Chambre unique, de son despotisme à prévoir, et on cite l'exemple de la Convention. On peut citer en sens contraire l’Assemblée législative de 1792 et la Constituante de 18/8, et si la Convention a été terrible, c'est qu'elle était placée dans une situation exceptionnelle, forcée de résister aux ennemis du dedans et du dehors, et qu'elle avait à sauver la Révolution.» On objecte que les attentats contre la liberté seront plus faciles à consommer avec une seule Chambre : mais l'attentat du 18 brumaire à été accompli avec la complicité du Conseil des Anciens et celui du 16 Mai avec l’appui du Sénat.
Si, dans la pratique, le système des deux Chambres n'a pas donné les mauvais résultats que redoutait Louis Blanc, en théorie il peut prêter à bien des critiques. La nécessité d’une Chambre haute se fait sentir dans une monarchie, pour donner une représentation à l’aristocratie. Dans une république fédérative elle trouve sa raison d’être; en donnant aux petits États une représentation égale aux autres dans le Sénat, on compense l'inégalité
qui résulterait du fait que le nombre des députés