Organisation du travail, p
= pee sont toujours moins rémunérées ; elles acceptent d’ailleurs cette infériorité sans murmurer. Leurs besoins physiques, en effet, sont restreints ; leur corps n'a pas les mêmes exigences‘. » Mais cette différence des besoins n’est pas la principale cause de la différence des salaires. Si d'ordinaire la femme dépense beaucoup moins que l’homme pour sa nourriture, elle en dépensera davantage pour sa toilette. La femme accepte cette infériorité parce que, très souvent, son salaire n’est qu'un appoint. Mariée, son gain viendra s'ajouter à celui du mari et permettra d'introduire un peu de luxe dans le ménage ; célibataire, elle est encore dans sa famille, à laquelle son salaire contribue à apporter un peu de bien-être. Enfin, dépourvues de droits politiques, les femmes n’ont pas une force sociale suffisante pour exercer leurs revendications. Elles possèdent bien le droit de coalition et le droit de grève, mais la majeure partie des femmes travaillent à domicile et il leur est difficile de se grouper. Dans la grande industrie, où elles peuvent se syndiquer, elles arrivent à gagner trois francs par jour, tandis que l’ouvrière en chambre gagne avec peine un franc en travaillant douze heures par
jour. Il est impossible à une femme de payer un