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Dès que ce résultat est obtenu, il se produit une élévation des tarifs. La liberté dont jouissent aujourd'hui les associations provoque des combinaisons, licites au point de vue légal, mais qui, en fait, seront souvent peu honnêtes. Il en est ainsi des syndicats et des trusts. Chez nous, tout récemment, un certain nombre de compagnies d'assurances se sont syndiquées pour établir un tarif uniforme, et plus élevé que celui qui était en usage auparavant. On pourrait fort bien concevoir un syndicat gigantesque qui accaparerait la production ou la vente d’une marchandise dans le monde entier et ferait la loi aux consommateurs. Il est vrai qu'on pourrait remplacer dans la consommation ce produit par un succédané, mais s'il s'agissait d’un produit de première nécessité, comme le blé, la coalition serait très dangereuse. Il faut remarquer en outre que pour le petit commerce, le commerce de détail, les effets de la concurrence sont tout autres. Elle a plutôt une tendance à augmenter le nombre des commerçants.
En même temps elle provoque un renchérissement général des prix, ce quiest facile à comprendre. Les bénéfices devant se répartir entre un plus grand nombre d'individus, ils devront être plus élevés. Le marchand qui vend moins doit gagner davantage
sur chaque objet. C’est pour cela que, dans les
RQ Es petites villes, on paie beaucoup plus cher que dans les grands centres, bien que les frais généraux, tels que loyer et patente, soient moins élevés.
Mais dans nos civilisations avancées, la concurrence est seule capable de diriger la vie économique, sans gêner la liberté individuelle. Elle opère sans trouble et sans discussion la division et la répartition des forces sociales. Elle pousse les capitaux, les produits et les personnes vers les lieux et les emplois où ils pourront rendre le plus de services. Elle réduit au minimum, par suite des prévisions minutieuses qu'elle exige, les risques de perte, d'erreur et d’injustice. Sous le régime de la liberté économique, il semblerait que la production dût s’accomplir € dans les ténèbres etau sein du chaos », suivant l'expression de Louis Blanc. La concurrence est, par sa nature, un état de lutte; elle provoque entre les compétiteurs un combat furieux. «Et comment s'appellent les armes qu'on y emploie, dit Louis Blanc ? Elles s'appellent falsifications, baisse systématique des prix, mensonges, calomnies, ruses de toute espèce ® ». Elle est pourtant loin d'engendrer
l'anarchie, et le producteur intelligent obéit à des