Histoire de la Révolution, livre XIV, chap. Hi
Verre socialistes sont unanimes à flétrir l’agiotage, qui détourne les capitaux des emplois productifs.
De nos jours, en effet, la spéculation pénètre partout, et les grandes sociétés anonymes n’ont souvent d'autre but que d'accroître l'énorme fortune de quelques gros financiers. Constituées à grand renfort de réclame pour exploiter des entreprises merveilleuses, elles drainent par tout le pays la petite épargne. Attirés par l'espoir de grossir leurs revenus, les petits rentiers, les ouvriers laborieux, tous y apportent leurs économies. Les scandales du Panama sont encore présents à toutes les mémoires, et il faut reconnaître qu'à ce point de vue rien n’est changé depuis l’époque où Louis Blanc traçait des grandes compagnies le tableau suivant : € A la place des travaux publics, l’agiotage; les gros joueurs enrichis, et les actionnaires sérieux précipités dans la misère ; les concessions livrées argent comptant par les fonctionnaires prévaricateurs ; les compagnies rivales se disputant, par l’ignominie des pots de vin, la protection des ministres, des chefs de bureau, des pairs de France, des députés, des hom-
mes de cour, des principaux commis »'.