‹ Les Théories Sociales de Louis BlancChapitre 89 sur 162 · Organisation du travail, p · texte numérisé non relu

Organisation du travail, p

Louis Blanc ne veut de l'intervention de l'Etat que lorsqu'elle est utile pour assurer la liberté. Aussi il n’est pas partisan du système prohibitif. La question, dit-il se ramène à celle de la concurrence. Tant que le régime de libre concurrence existera on devra maintenir le système protecteur. « La concurrence est un régime de hasard; elle encourage l’imprévoyance, elle absout d'avance toutes les témérités " ». Il ne faut pas s'étonner si sous son empire sont nées tant de conceptions folles, si beaucoup d'industries ont été essayées qui auraient dû rester dans le néant. L’intervention des tarifs protecteurs est nécessaire pour éviter des crises qui frapperaient par contre-coup d’autres industries que celles qui devraient disparaître.

Si l'Etat se décidait à prendre l'initiative de la réforme de l’industrie, il en serait tout autrement. La concurrence étant supprimée, on produirait à moins de frais et on pourrait rivaliser sans peine avec l'étranger. Les objets qu'on n'aurait aucun avantage à fabriquer seraient achetés au dehors. « Le meilleur, le seul moyen de détruire la concurrence que les étrangers viennent nous faire sur

nos marchés, c’est de détruire la concurrence que

1, Organisation du travail, p. 189.

nous nous y faisons nous-mêmes les uns les autres' ». Pour pouvoir obtenir sans trouble la liberté du commerce, il faut remplacer par un régime d'association ce qu’on a décoré du nom trompeur de liberté de l’industrie.

Il y a cependant des produits qui en certaines circonstances ne doivent pas bénéficier de la liberté générale : ce sont les objets de première nécessité et notamment le blé. Aujourd'hui, la question de la libre circulation des grains n’a plus qu'un intérêt historique. Les droits de douanes qu'on établit sur les blés sont le plus souvent des droits d'entrée, et ils n’ont d’autre but que de favoriser l’agriculture indigène et de lui permettre de soutenir la concurrence avec les produits. étrangers. On n'attache généralement pas plus d'importance aux droits établis sur les blés qu’à ceux qui frappent les autres marchandises.

Au siècle dernier, il était loin d’en être ainsi. La mauvaise culture des terres et l'insuffisance des moyens de transport provoquaient des famines fréquentes. De là, pour le pouvoir, la nécessité d'intervenir pour assurer par des mesures appropriées la subsistance des

citoyens.

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