‹ Les thèses de l'ancienne Faculté de Médecine de ReimsChapitre 5 sur 67 · L.-Ph.-J. d’Orléans · texte numérisé non relu

L.-Ph.-J. d’Orléans

Duc de Yilleroy.

Duc de Chaulncs.

Comte de Montmorency-Laval.

Vicomte de la Roche-Aymon.

Rouault, marquis de Gamaches.

Le Voyer d’Argenson.

Abbé de Marolles.

CL Cauchon, marquis de Lhéry.

Godet de Neuflise.

Quelquefois, le candidat offre son travail à sa ville natale :

Aux édiles de Thionville (Bargt, 1736),

Aux édiles de Meaux (Alart, 1735).

A la ville de Mézières (Le Febvre, 1756).

À ses parents, à ses amis.

A ses Maîtres :

Aux administrateurs de la Fondation furnérienne.

(De la Selle, 1738.)

Celeberrimis viris D. D. Pétro Josnet, Decano,

Omnibusque saluberrimæ Facultatis Remensis Doctoribus

(Telinge, 1739.)

En 1666, Nicolas de Mailly ayant pris pour objet de sa thèse la. Salubrité de V aie de Reims , demande au Conseil de Ville d’en agréer la dédicace, ce qui est accepté « comme un honneur qu’il fait à la compagnie et une reconnaissance de son affection au public ».

Le 29 juin, il entre au Conseil pour présenter sa

thèse et inviter à sa soutenance, ce qu’il fit, dit René Bourgeois, à qui nous empruntons ces détails (1), avec beaucoup d’éloquence et de hardiesse ; il donna au lieutenant un exemplaire en satin et en déposa d autres sur le bureau pour MM. du Conseil. Le Lieutenant répondit dans un discours que Bourgeois trouve un peu bref.

En tête, le candidat avait mis l’éloge du Lieutenant des habitants ; c’était alors Henri Bachelier.

« M. de Mailly me fit l’honneur de me communiquer le titre de ses thèses qui suppléait à une épître de dédicace. Je l’avertis de l’éloge qu’il a donné à M. le Lieutenant, successeur de ses ancêtres, et il ne sçavait pas qu’il fût le quatriesme de nom en ligne directe qui ont tenu dans Reims celte charge et l’exercé avec honneur. »

On remarquera la thèse en satin que Mailly avait offerte au Lieutenant ; parfois, en effet, le candidat faisait imprimer sur étoffe de soie un exemplaire choisi et l’offrait au personnage sous la protection duquel il mettait son travail.

Ces placards pouvaient avoir une fin malheureuse, si j’en crois Boileau, qui, faisant le portrait de la femme du Lieutenant criminel Tardieu, l’avarice personnifiée,

s’écrie :

Peindrai-je son jupon bigarré de latin,

Qu’ensemble composaient trois thèses de satin ;

Présent qu’en un procès sur certain privilège Firent à son mari les régents d’un collège,

Et qui, sur cette jupe, à maint rieur encor

Derrière elle faisait lire Avgunientabo / ?

(i) Mémoires ms. de René Bourgeois, tome II, p. 183 et 103. (F*B. de Reims.)

La ville de Reims se montrait ordinairement généreuse en ces circonstances.

Il fut décidé que l’on donnerait en présent à N. de Mailly des livres jusqu’à concurrence de la somme de 150 francs et que l’on y graverait les armes de la ville.

L’on acheta un Galien en six volumes in-folio, édition des Junte de Venise, 1G25, qui est conservé dans la bibliothèque de M. Jolicœur. Sur les plats sont gravées les armes de Reims avec la devise Dieu en soit garde ; sur le titre, de Mailly a inscrit son nom et l’année où il reçut l’ouvrage : Demailhj 1668.

P. Josnet, en 1725, dédia aussi à sa ville natale sa dissertation cardinale sur le cancer. Elle est précédée d’une jolie gravure où l’on voit les armes de Reims dans un cartouche ovale, au milieu de rinceaux, de pampres, de fruits et de fleurs (1). On lui accorda une gratification de 160 livres.

Ninnin ne pouvait manquer non plus de mettre sous , les auspices du Lieutenant, du Conseil et du peuple rémois sa thèse sur les eaux de la Vesle : « An Vidula salubris ? » (1749). En tête, il écrivit la dédicace :

Nobilissimo Domino LüDOVICO J O A N N I LEVESQUE Toparchæ de Pouilly, Bouilly et Arcy-le-Ponsart Prœtori Urbano,

Celeberrimo Senatui, populoque Remensi Supnl modum fidelissimo ,

Dedicat, vovet et offert

Obsequentisimus Henricus Ninnin S. F. M. U. B. (2).

(t) Cette gravure, dont la planche est déposée au cartulaire de la ville, parait avoir servi pour la plupart des thèses publiées sous les auspices du Conseil; ou la retrouve sur la thèse deiiinmn.

(2) Salitberrimæ Facultatis mcdicoe remensis baccalaureus.

Continuons la description de la thèse in-quarto.

Après la dédicace, on lit le nom du président, qui on est souvent l’auteur. Régulièrement, d’après les statuts de 1662, les docteurs nouveaux ne pouvaient présider aux actes quodlibétaires, cardinaux ou doctoraux que dix ans après qu’ils avaient reçu eux-mèmes le diplôme de docteur.

C’est au président d’abord que le candidat portait son travail manuscrit ; il ne le confiait à l’imprimeur que revêtu de son approbation, suivie de celle du doyen.

Le titre de la thèse, la Position y est toujours sous forme interrogative. Ensuite viennent les cinq paragraphes imposés, se terminant par la conclusion, c’est à dire la réponse affirmative ou négative à la position.

A la fin sont les noms des Docteurs-Régents, chargés d’examiner et de recevoir le candidat; leur nombre dépasse rarement cinq ou six. Pour donner plus de lustre à ses examens, la Faculté ne craignait pas de faire figurer les absents dans cette liste. Ainsi, on lit le nom de H. Ninnin, docteur-régent, à la fin de tous les actes depuis sa réception (1749), bien qu’il habitât Paris, où l’appelaient son titre de médecin du comte de Clermont et ses fonctions d’inspecteur des hôpitaux militaires, ou qu’il voyageât en Allemagne et en Espagne en qualité de médecin des armées (1).

Au bas de la dernière page sont indiqués le nom du candidat, ses prénoms, le lieu de sa naissance, ses titres

(1) C’ était du reste un privilège attaché au titre de médecin d’un prince du sang, que d’étre considéré comme présent, quelque soit le lieu où l’on résidât: Dictores tamen, vel qui Régi Chrislianissimo, vel Principibus regio sanguine procreatis, swim révéra navant operam, absentes pro præsentibus habeantur. (Article xxxii des statuts de 1062.)

universitaires et la date de soutenance. Les titres se bornent ordinairement à ceux de bachelier de la Faculté de Paris ou de Reims, et de maitre-ès-arts pour les docteurs du grand ordinaire (1).

Imprimées chez les Pierrard, chez N. Pottier, Florentain, Ve Jeunehomme, J. -B. Jeunehomme, ces minces plaquettes portent souvent en tête une vignette aux armes de la Faculté : mi-parti de Reims, et d’azur à la croix d’argent cantonnée de fleurs de lys d’or.

Tantôt l’écusson est simplement accompagné du coq et du serpent symboliques.

D’autres fois, la vignette est plus étendue. Les armes de la Faculté sont surmontées d’un soleil ; au-dessous, à droite et à gauche, sont deux AA entrelacées, initiales des deux Antoine, les bienfaiteurs de l’Université; à gauche un serpent et la devise Prudentia custos; à droite un coq : Vigilantia servat. Cette gravure est signée : Savoy e (2).

En 1760, un professeur de l’école de dessin, J. Robert, dessine un autre en-tête que Papillon grave sur bois (14 centim. sur 8) ; on le retrouve souvent jusqu’en 1789.

L’écusson, entouré de feuilles de chêne, allusion au nom de Beauchêne, repose sur les deux masses de la

(1) Une conclusion à la Faculté, du 22 juin 1703, ordonne qu’il ne sera plus fait mention, à la fin des thèses, du titre de maitreès-arts. (Livre III des Conclusions , p. 46.)

(2) Emblèmes et devises sont imités de ceux qui ornent les

thèses de la Faculté de médecine de Paris : un écusson, portant trois cigognes ayant dans leur bec un rameau d’origan et un soleil en chef, est accompagné d’un serpent et d’un coq, avec les devises : Hœc evocat orco et Vigilantia custos. /

L.-J. Raussin avait aussi introduit dans son ex-libris les deux animaux emblématiques avec leurs devises, auxquelles il avait ajouté celle-ci : Sanis prodest et aigris.

Faculté; il est soutenu par Esculape assis, portant le serpent enroule ; son coude s appuie sur des livres ; sur deux feuilles, on lit le titre habituel des thèses : D. O. M. Uni et tri. Quces il Ica, et les noms des grands médecins : Hippocrates , Galenus, Fer ne lius, Sydenhamius, Boerhaavius, Turne fortins, etc. Aux pieds du père de la médecine est un coq. A gauche, Hercule appuyé sur sa massue cueille des simples; un peu plus loin, d’une urne près de laquelle est assise une naïade s’échappe une rivière, la Yesle, Vidula. A droite l’on voit une bibliothèque, un fourneau^ des cornues, des coquillages, des animaux empaillés et un portique laisse apercevoir les coteaux rémois.

Notons sur d’autres thèses les armes de l’Université, de la ville de Mézières, celles des personnages sous les auspices' desquels elles sont placées. Aux noms que nous avons déjà cités, nous pouvons ajouter ceux de Pommyer, du marquis d’Estourmel, Houau de Maulleville, Huchet, comte de Montfort, comte de Mailly, etc.

Nous n'avons pas rencontré de ces belles thèses entièrement gravées, comme la Faculté de Théologie en a laissé quelques-unes, ni de ces portraits tracés par des artistes connus, ainsi que l’on en voit dans la collection des Questions medicæ de Paris. Nous ne pouvons signaler dans ce genre que la Dissertation de J. -J. Bernard sur le collage des vins (23 février 1691); encore ne la connaissons-nous que par une note de Raussin. « L’ori-

ginal, dit-il, est imprimé en caractères italiques sur placard et image, dédié à Madame d’Angennes, abbesse de S-Etienne de Reims. » L’auteur lit faire un autre tirasse in-quarto, sans ornements, le seul que nous ayons eu sous les yeux.

Nous ne sachions pas non plus que notre compatriote

Robert Nanteuil ait jamais mis sou talent au service de nos bacheliers en médecine. On sait qu’une des premières pièces sorties des mains de cet artiste est une gravure représentant la Piété, la Justice et la- Pudeur qui vont saluer l’Université; elle servit pour sa thèse de philosophie en IGAo. A Paris, il grava bon nombre de portraits, parmi lesquels quelques-uns servirent à des actes passés devant la Faculté de médecine. On peut ajouter à la liste donnée par M. Loriquet (1) celui de Chamillard, alors maître des requêtes, qu’il grava en 1664 pourune thèse en médecine. Déjà, en 1657, Pierre Cressé ayant dédié au Chancelier de France une thèse sur les bons effets du thé dans l’Arthritisme, s’était adressé au burin de Nanteuil : « Le portrait du dit seigneur y sera, écrit Patin, qui a coûté trente pistoles à graver, chez Nanteuil, qui est un des plus excellents calcographes qui aient jamais été. » Le mordant épistolicr continue : « Le fils d’un autre chirurgien, nommé P. Le Large, en dédiera pareillement une autre au sieur Guénaut ; mais je ne sais s’il permettra que l’on y mette son portrait, car ce serait une laide chose : il ressemble fortement à un singe, ou à un magot et à une guenon. » (Lettre du 23 novembre 1657).

Guenault, dont le plus grand défaut aux yeux de G. Patin était d’être antimonieur , n'en permit pas moins que l’on fit passer ses traits à la postérité; et ce fut précisément Nanteuil qui en fut encore chargé . (2).

(1) Loriquet, Robert Nanteuil , Travaux de l’Académie de Reims, t. 75, 1885, p. GO.

(2) Sur les vignettes de Reims, j’ai relevé les noms des dessinateurs J. Robert et Bellanger, et des graveurs Colin, Savoye, Lebrun, Papillon, de la Marcade, Varin, Dermel, Faciot, Phlipon.

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