‹ Les timbres-poste suisses, 1843-1862Chapitre 39 sur 184 · FEU · texte numérisé non relu

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mots « Ortspost » ou « Poste locale »; la valeur, 2'/, Rp., se lit aux coins inférieurs; autour de la partie blanche du timbre règne un cadre formant des enroulements, et le tout se détache sur un fond vermiculé, L’impression, obtenue au moyen de la lithographie, est faite sur papier blanc, en noir pour le dessin et l'inscription, et en rouge pour l’écusson.

Le type créé pour ce timbre se retrouvera dans les timbres suivants, connus sous le nom de « Rayons », avec des modifications dans les couleurs employées pour l'impression.

Les timbres « Ortspost » et «Poste locale » devaient, à l’origine, servir, les premiers dans la Suisse allemande, les deuxièmes dans la Suisse française: mais, dans la pratique, cette distinction n’a pas été observée.

Il a été dessiné une seule planche de quarante types de chacun de ces timbres disposés en cinq rangées horizontales de huit timbres chacune; l’impression en a été faite par voie de report, chaque feuille comprenant quatre planches ou cent soixante timbres. Nous donnons ici la reproduction des planches complètes : ces planches ont été formées par des blocs de timbres aussi grands que possible ; les exemplaires ont, du reste, été placés d’une manière absolument certaine d’après des blocs se recouvrant les uns les autres.

Il y a longtemps déjà que l’on parle de types intervertis dans la planche des « Ortspost». Ce fait nous avait paru d’abord impossible à admettre, car nous ne concevions pas comment, par report lithographique, les types pouvaient changer de place; mais un jour nous avons eu entre les mains une pièce qui nous a convaincus de l’existence de ces « interversions » et en même temps nous en a fourni l'explication.

La pièce en question est une lettre sur laquelle se trouvent quatre timbres « Ortspost », en deux groupes de deux, mais qui, à l’origine, se tenaient tous quatre, comme nous avons pu nous en assurer en examinant la déchirure du papier; ces « Ortspost » sont placés dans l’ordre suivant :

Types : 3. 2. 3. 4.

En étudiant de plus près les procédés employés en lithographie, on se rend facilement compte de la cause à laquelle est due cette anomalie. Il est arrivé que, dans l’un des reports, un ou plusieurs timbres ont mal réussi. Alors, pour ne pas recommencer le report de toute la planche, le lithographe s’est contenté d’effacer complètement le ou les exemplaires mal venus et de les remplacer par des types pris au hasard, sur la planche primitive (1). Le type «interverti » doit donc se trouver deux fois dans la même planche : c'est ce qui a lieu dans le cas qui nous occupe. On peut remarquer, du reste, que le remplacement du type 1 par le type 3 n’a pas été fait très exactement; le cadre supérieur est brisé et l'intervalle qui sépare le premier du deuxième timbre est trop large.

Les dernières recherches qu’on a faites sur cette question permettent de supposer que dans l’un des reports de la tabelle des 40 « Ortspost » la première rangée verticale est mal venue et a été remplacée par la troisième rangée. En dehors, en effet, de l’interversion 3. 2.3.4 que nous venons de signaler, on a noté les suivantes : 11.10, puis 27.26 et 35.34. Le même fait a dû se produire pour la dernière

(1) Le même fait a été observé sur les planches lithographiques de Victoria (émission de 1852) et la même explication en a été donnée.

rangée verticale, car on connaît des paires comprenant les types 15.15, 39.39, 7.7 et le bloc 6.7.7.

Il semble qu’à la fin de l'émission des « Ortspost » la pierre primitive ait été endommagée sur ses bords latéraux; en effet, lors de la fabrication des « Rayons IIT », pour lesquels on a employé la pierre des « Ortspost », on a abandonné la première colonne pour se servir des quatre suivantes, comme nous le verrons plus loin.

On observe dans les timbres de 2‘/; rappen deux variétés qui se retrouveront dans les «rayons I et IT »; tantôt la croix blanche m'est pas encadrée, tantôt elle est entourée d’un filet noir, qui a partout la mème épaisseur dans les « Poste locale » et qui dans les «Ortspost » est plus fort sur le côté droit et sur le côté inférieur de la croix. Les notes de la lithographie Durheim ayant été détruites, il n’est pas possible de dire l’époque exacte à laquelle ce changement a eu lieu; mais nous reprendrons ce sujet en étudiant les « Rayons » et nous espérons arriver alors à montrer que la question n’est pas aussi obscure qu’elle le paraît à première vue.

Une étude attentive des « Poste locale » nous a amenés à constater un fait assez intéressant qui n'avait pas été signalé jusqu'ici : c’est l'existence probable de deux tirages différents de ces timbres, l’un sur la pierre originale, l’autre sur une pierre préparée au moyen du report lithographique du dessin primitif.

On sait que les timbres « Poste locale » forment deux catévories distinctes facilement reconnaissables à leur teinte, les uns étant fort noirs, les autres d’une nuance grise caractéristique. Pour certains, cette différence n’est pas due seulement à l'encre employée pour les tirer. Parmi les timbres gris, en effet, on en distingue un certain nombre dont la

gravure est beaucoup plus nelle, et qui tiennent leur couleur

pâle de la délicatesse du dessin, tandis que, chez les noirs, la teinte plus foncée provient de l’empâtement des traits.

Dans les timbres gris à impression nette, on voit facilement que le fond uni du timbre est bordé par une sorte de câble formé de deux lignes entre lesquelles ont été tracées de petites hachures, hachures qui, dans les timbres d’aspect plus noir, se sont empâtées et ont disparu de façon à transformer le câble en un seul trait épais.

Mais un examen plus minutieux révèle une autre particularité consistant dans l'existence d’un trait excessivement fin qui, en certains endroits, borde le côté extérieur et quelquefois le côté intérieur du câble. Cette ligne très légère, qu’on ne distingue qu’à l’aide d’une forte loupe, est placée à une fraction de millimètre du câble et lui reste toujours parallèle, sauf dans les enroulements où elle se rapproche du trait principal et arrive à le rejoindre au moment où celui-ci tourne. Le parallélisme de ces deux traits, qui ne cesse que dans les enroulements, ne peut guère s'expliquer que par l'emploi fait par le dessinateur d’un burin offrant une légère bavure qui produisait*un second trait fin à côté de la ligne tracée par l'artiste. Dans cette hypothèse, on conçoit en effet que les deux traits devaient rester à égale distance quand la ligne tracée était droite, tandis que, lorsque le dessinateur tournait son instrument pour exécuter un enroulement, la seconde ligne provenant de cette bavure devait arriver à se confondre avec celle que traçait la pointe proprement dite du burin.

Dans les exemplaires noirs, ce trait fin a disparu, en même temps que les hachures du câble, sans qu’il en reste de trace. On est donc en droit de conclure, comme nous le disions en commençant, que ces exemplaires n’ont pas été tirés sur la pierre primitive, mais qu’on les a obtenus au moyen d’un

AGRANDISSEMENT AU TRIPLE DU TYPE N°15 DES « Poste Locaze » POUR L'ÉTUDE DES DOUBLES FILETS.

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report qui a fait disparaître les finesses du dessin original. Cette hypothèse nous paraît plus plausible que celle qui altribuerait l'empâtement à l’usure progressive de la pierre, car entre les timbres à impression nette et-le groupe des timbres noirs en divers états, il y a une différence trop tranchée pour qu'elle puisse s'expliquer par une fatigue insensible de la pierre.

rà . Mivatan's

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