‹ Les timides et la timiditéChapitre 20 sur 89 · Le Disciple, p · texte numérisé non relu

Le Disciple, p

2, Journal de Marie Uashkirtscfj; t. II, p. 494.

Hartenbehg. 5

l\ « se console d'èlre mal jugé : c'est qu'au fond, il n'a* cepte pas les jugements qu'on porte sur lui, mais les revise intérieurement — Nous pouvons soufTrir dan& notre vanilé de n'être pas appréciés à notre valeur, mais le sentiment de notre valeur méconnue a aussi sa douceur secrète, et l'orgueil satisfait ne sont plus les petites piqûres de l'amour-propre.... Le timide se raidit intérieurement contre les humiliations qu'il subit. Il se juge méconnu, incompris, et s'accorde à lui-même l'estime qu'il se persuade que les autres ne lui refuseraient point s'ils pouvaient le connaître \ »

Maladie de Vidéal. — L'inaptitude à la concurrence sur le terrain pratique et les prétentions d'un orgueil exalté donnent naissance à cette modalité du désir^ qu'on a appelée la maladie de l'idéal.

Amiel, qui en fut atteint, nous la décrit ainsi :

« Au fond, ne serait-ce pas l'amour-propre infini, le purisme de la perfection, l'inacceptation de la condition humaine, la protestation tacite contre l'ordre du monde, qui feraient le centre de mon immobilité? C'est le tout ou rien, l'ambition titanique et oisive par dégoût, la nostalgie de l'idéal, la dignité offensée et l'orgueil blessé qui se refusent à ce qui leur paraît au-dessous d'eux; c'est l'ironie qui ne prend ni soi, ni la réalité au sérieux, par la comparaison avec l'infini entrevu et rêvé; c'est la restriction mentale qui se prête aux circonstances par

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