‹ Les timides et la timiditéChapitre 21 sur 89 · Dugas, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Dugas, loc. cit., p

complaisance, mais ne les reconnaît point en son cœur, parce qu'elle n'y voit pas l'ordre divin, la nécessité ; c'est peut-être le désintéressement par indifférence, qui ne murmure point contre ce qui est, mais qui ne peut se déclarer satisfait; c'est la faiblesse qui ne veut pas conquérir et qui ne veut pas être conquise; c'est l'isolement de Tàme déçue qui abdique jusqu'à l'espérance '. »

Ainsi, en toutes choses, il rêve la perfection.

« J'appelle, j'attends, le grand, le saint, le grave et sérieux amour, qui vit par toutes les fibres et par toutes tes puissances de l'âme. Et si je dois rester seul, j'aime mieux emporter mon espérance et mon rêve, que de mésallier mon âme'. »

De même Rousseau s'écrie : « En fait do bonheur et de jouissances, il me fallait tout ou rien! »

Indulgence pratique. — Mais gardons de nous méprendre sur la réalité de ces sentiments, misanthropie, orgueil, maladie de l'idéal; ils ne sont qu'apparents, superficiels. Contradiction singulière, ils coexistent chez le timide avec un fond de bienveillance, d'humilité, d'indulgence. « 11 est humble autant qu'orgueilleux; bien plus, tandis que son orgueil est cérébral, son humilité est naturelle. 11 est ambitieux en rêve, et modeste en fait. »

Amiel, avec sa grande clairvoyance, n'est pas dupe de cette illusion.

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