Dugas, loc. cit., p
» '1. Sous l'œil des Barbares, Un Homme libre, Le Jardin de Bérénice.
La genèse de celte pliilosophie est intéressante à considérer pour notre étude. Elle a pour point de départ, suivant l'opinion de l'auteur lui-même, l'hyperesthésie affective et la timidité. « Vous avez raison, m'écrit Maurice Barrés que j'ai questionné à ce propos, Philippe était timide et dégoûté : on le froissait et il sentait avec une délicatesse morbide la vulgarité dans les hommes et dans les choses ». Il fut mis, à dix ans, au collège, « où, dans une grande misère physique (sommeils écourtés, froid et humidité des récréations, nourriture grossière), il dut vivre parmi des enfants de son âge, fâcheux milieu, car, à dix ans, ce sont précisément les futurs goujats qui dominent par leurs hâbleries et leur vigueur, mais celui qui sera plus tard un galant homme et un esprit fin, à dix ans est encore dans les brouillards.... Dans ces mauvaises conditions matérielles et morales, par manque de globules sanguins et à se sentir différent de ses professeurs et camarades, il devint timide*. »
Tels sont les débuts scolaires du jeune sujet. Choqué par chacun de ses contacts avec ses compagnons et avec ses maîtres, il se replie d'instinct sur lui-même dans une attitude défensive, il tourne son attention vers la vie intérieure, il commence ses premiers essais de culture du Moi. C'est alors que, s'observant, il se découvre ; et que, se découvrant, il s'exalte. « Il s'enorgueillit d'étranges douleurs qu'il n'avait pas inventées. » Et ainsi