‹ Les timides et la timiditéChapitre 28 sur 89 · Journal de Slendhaf, p · texte numérisé non relu

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fier et méconnu. Ce dernier mot est ici sans org-ueil et pour exprimer que quand ma manière a eu le courage de se montrer, tout le monde a été étonné : on me croyait le contraire de ce que je suis \ »

Attitudes factices. — Pour aider à cette dissimulation de l'émotion par la contrainte, beaucoijj) de timides adoptent, consciemment ou non, une certaine attitude représentative.

Le genre de celte attitude est très variable selon les individus. La plus connue est celle de Rousseau, racontée par lui-même dans ses Confessions :

« Ma sotte et maussade timidité que je ne pouvais vaincre, ayant pour principe la crainte de manquer aux bienséances, je pris, pour m'enhardir, le parti de la fouler aux pieds. Je me fis cynique et caustique par honte; j'affectai de mépriser la politesse que je ne savais pas pratiquer \ »

A côté du timide bourru, il y a le timide hautain et orgueilleux. C'est peut-être la forme la plus fréquente. Qui n'a vu de ces sujets froids, dédaigneux, fiers, presque inabordables, écartant toute familiarité et toute indiscrétion : il y a gros à parier que 80 fois p. 100 ce sont des timides.

Parfois même, le timide est agressif. Mais il est agressif dans certains cas seulement, comme pour se dédommager des autres circonstances où il n'a pas osé. « Il est

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