‹ Les timides et la timiditéChapitre 31 sur 89 · Amiel, loc. cil., t. I, p · texte numérisé non relu

Amiel, loc. cil., t. I, p

limidc le plus connu, sinon le plus commun, celui qui s'efface et rentre sous terre, n'est qu'un faux humble, comme le timide arrogant n'est qu'un faux brave. Les airs cavaliers ne prouvent pas l'irrespect, l'air gêné ne prouve pas davantage la modestie. C'est ce qu'atteste cette fine remarque d'Eliot : « La timidité (extérieure) d'un garçon n'est nullement un signe de respect évident; et tandis que vous lui faites des avances encourageantes dans la pensée qu'il est accablé par la conscience de votre sagesse, il y a dix à parier contre un qu'il vous trouve très ennuyeux » {Le moulin sur la Floss).

« Le contraste entre l'attitude humiliée du timide et ses sentiments de fierté intérieure est analogue à celui qu'on a signalé entre sa bouderie agressive et ses sentimenls de bienveillance et de respect. Le timide, aspirant à la sympathie d'autrui, sans pouvoir l'atteindre, conçoit, suivant son humeur, du découragement ou du dépit, Le découragement se traduit par l'humilité, le dépit par la hauteur : mais ni Tune ni l'autre de ces attitudes n'exprime les sentiments vrais du timide *. »

Abstention. — Eviter les occasions de se montrer timide, voilà le second soin du timide. Comme ces occasions consistent en contacts sociaux, il en résulte, commo on l'a vu, une tendance à rechercher l'isolement.

En conséquence, chaque fois que, dans un débat volontaire, il s'agira de prendre une détermination au

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