Le Jardin de Bérénice, p. 2S9; Perrin, 139T
claire conscience de son infirmité, il s'indigne contre elle et veut s'en rendre maître et la dompter.
Enfin Philippe est un ambitieux. Son actirilé est stimulée par un vif appétit des satisfactions et des jouissances qu'on recueille dans la société des hommes : distinctions, notoriété, gloire, etc. Aussi, par amour-propre et par vanité, il se met à chercher un remède, des moyens préventifs contre son émotion isolante et paralysante : et ce remède, ces moyens, il les trouve dans sa philosophie même. Il adopte, envers les autres et envers lui-même, l'attitude du scepticisme. « L'essentiel est de se convaincre qu'il n'y a que des manières de voir, que chacune d'elles contredit l'autre et que nous pouvons, avec un peu d'habileté, les avoir toutes sur un même objet. Ainsi nous amoindrissons nos mortifications à penser qu'elles sont causées par rien du tout, et nous arrivons à souffrir très peu '. »
Que cette unique formule subjective, par sa seule action convaincante, ait suffi à dissiper la timidité de Philippe, c'est là une chose peu probable. Il est plus logique d'admettre que le développement du tempéra^ment, l'influence de l'habitude et de l'âge ont eu la plus grande part dans l'atténuation de sa sensibilité excessive.
Julien Gresloo, le « Disciple » de Paul Bourget, est loin d'être un timide pur. Il semble èlrf, avant tout un neuraâ-