‹ Les timides et la timiditéChapitre 36 sur 89 · Un homme libre, p. 2; Perrin · texte numérisé non relu

Un homme libre, p. 2; Perrin

thénique constitutionnel. Il en présente des symptômes multiples : il est affecté de certaines perversions psychiques qui se rattachent de près à la dégénérescence mentale. Au point de vue de la volonté agissante, sa timidité n'oppose qu'une entrave secondaire : il est surtout un -aboulique, par paresse physique, par répugnance à i'effort. « ... Je n'osais pas. Ne croyez point que ce fût chez moi simplement de la timidité. L'impuissance à l'action est bien un trait de mon caractère... *. » « J'ai •constamment éprouvé une horreur singulière pour l'action, si faible fût-elle, au point que de faire une simple visite me causait autrefois un battement de cœur, que les plus légers des exercices physiques m'étaient intolérables, que d'entrer en lutte ouverte avec une atitre personne, même pour discuter mes idées les plus chères, m'apparaît, encore aujourd'hui, chose presque impossible *. »

Cette impuissance à l'action fût aussi la triste infirmité mentale dont le mélancolique Amiel a souffert toute sa vie. Par ce qu'on peut juger de ce qui a été publié de son journal intime, la timidité vraie, telle que nous la concevons et l'avons exposée, doit rester chez lui au second plan. Sa maladie principale, c'est une aboulie, provoquée à la fois par l'insuffisance des impulsions à agir et par l'irrésolution intellectuelle'. Cette maladie,

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