Le Disciple, p
3. Voir plus loin le passage relatif à la classification des aboulies.
il l'a révélée à plusieurs reprises dans ses confessions.
D'abord, les sentiments ordinaires qui poussent l'homme dans la mêlée, l'ambition, la recherche de la gloire, de la fortune, il ne les connaît pas :
« Je n'ai su voir aucune nécessité à m'imposer aux autres et à réussir. Je n'ai jamais eu l'évidence que de mes lacunes et des supériorités d'autrui. Ce n'est pas ainsi qu'on fait son chemin. Avec des aptitudes variées et passablement d'intelligence, je n'avais pas d'impulsion dominante, ni de talent impérieux, de sorte que, capable, je me suis senti libre, et que libre, je n'ai pas découvert ce qui était le mieux. L'équilibre a produit l'indécision et l'indécision a stérilisé toutes mes facultés'. »
« Je n'ai aucune ambition mondaine; la vie de famille et la vie de l'intelligence sont les seules qui me sourient. Aimer et penser sont mes seuls besoins exigeants el indestructibles*. »
« Aimer, rêver, sentir, apprendre, comprendre, je puis tout, pourvu qu'on me dispense de vouloir. C'est ma pente, mon instinct, mon défaut, mon péché. J'ai une sorte d'horreur primitive pour l'ambition, pour la lutte, pour la haine, pour tout ce qui disperse l'âme en la faisant dépendre des choses et des buts extérieurs'. »
« Chercher la considération a été si peu pour moi un mobile que je n'ai pas même eu cette notion. A quoi tient