Ici., t. I, p
ce phénomène? A ce que l'entourage, la galerie, le public, n'ont jamais été pour moi qu'une grandeur négative'. »
On le voit, les affirmations ne manquent point : et l'on en pourrait citer maints autres encore, de ces aveux désespérés où le penseur crie son impuissance à l'action.
N'ayant pas de passions fortes, il n'avait pas d'impulsion dominante : et de cette absence d'inclinations et de préférences, vient le second élément de son aboulie : l'indécision.
« Le manque de foi simple, l'indécision par défiance de moi, remettent presque toujours tout en question dans ce qui ne concerne que ma vie personnelle. J'ai peur de la vie objective et recule devant toute surprise, demande ou promesse qui me réalise; j'ai la terreur de l'action et ne me sens à l'aise que dans la vie impersonnelle, désintéressée, subjective de la pensée. Pourquoi cela? Par timidité.
« D'où vient cette timidité? Du développement excessif de la réflexion, qui a réduit presque à rien la spontanéité, l'élan, l'instinct et, par là même, l'audace et la confiance. Quand il faut agir, je ne vois partout que causes d'erreur et de repentir, menaces cachées et chagrins masqués'. »
« Qui veut voir parfaitement clair avant de se déterminer, ne se détermine jamais. Qui n'accepte pas le regret, n'accepte pas la vie ^ »
« Comment donc retrouver le courage de l'action? En