‹ Les timides et la timiditéChapitre 39 sur 89 · Id., t. I. p. ll'J · texte numérisé non relu

Id., t. I. p. ll'J

laissant revenir un peu rinconscience, la spontanéité, l'instinct, qui rattache à la terre et qui dicte le bien relatif et l'utile;

«En croyant plus pratiquement à la Providence qui pardonne et permet de réparer;

« En acceptant plus naïvement et plus simplement la condition humaine; redoutant moins la peine, calculant moins, espérant plus ; c'est-à-dire diminuant, avec la clairvoyance, la responsabilité et avec la responsabilité, la timidité ', »

Ce mot de timidité revient fréquemment sous la plume ée l'auteur. Mais il convient de préciser dans quel sens il l'emploie. Veut-il dire, par là, qu'au moment d'accomplir un acte, il est arrêté brusquement par une émotion poignante qui le paralyse? Non; ce qu'il désigne par timidité, c'est la peur instinctive d'ag-ir, c'est aussi la peur de prendre une détermination avec toutes les conséquences, utiles ou fâcheuses, qu'elle comporte. C'est sa maladie de volonté, en somme, qu'il appelle timidité.

Incapable d'agir et d'occuper ses forces dans une besogne active, il s'est renfermé dans la contemplation intérieure. Impuissant à vivre, il renonce à la vie et se confine dans la pensée pure. L'analyse à outrance est ici l'effet d'une insuffisance constitutionnelle des impulsions motrices. Amiel n'est pas seulement un timide : c'est un impuissant. Sans cette impuissance, s'il avait pu vivre,

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