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V. Silvio Venturi, Corrélations psycho-sexuelles

Hartenberg. 9

iZO LES TIMIDES ET LA TIMIDITÉ

rivaux dans la lutte pour la vie ou la conquête sexuelle. C'est pourquoi aussi la rougeur, considérée comme un signe de faiblesse, de féminisme, les préoccupe davantage, et quoique moins fréquente que chez les femmes^ entraîne plus souvent des conséquences morbides (éreuthophobie).

Il convient d'ajouter peut-être que l'organisation del'homme le porte davantage à arrêter son attention sur une représentation mentale fixe. Son esprit est, par nature, plus stable, plus réfléchi, plus apte à la concentration psychique qui aboutit au monoïdéisme et à l'obsession. Chez la femme, au contraire, les impressions sont plus mobiles, plus passagères, l'émotivité plus instable, et les sensations changeantes venues du monde extérieur ont plus de chances de dériver et d'éloigner sa pensée d'une idée pénible, en lui procurant de la distraction et de la consolation. Cependant plusieurs femmes menant, il est vrai, une existence indépendante, m'ont déclaré avoir^ à maintes reprises, pleuré de rage contre leur timidité.

Race — La timidité varie sans doute aussi avec la race à laquelle appartient le sujet. Mais il m'a été difficile de vérifier mes inductions à cet égard et d'appuyer lesprobabilités sur des preuves certaines. Aux questions que j'ai adressées à cet égard dans divers pays, je n'ai obtenu que des réponses vagues ou insuffisantes. De plus, mes intentions n'ont pas toujours été bien comprises. On a confondu la timidité avec la crainte et la honte pures. On a fait intervenir dans les explications

ÉVOLUTION d3i

des questions de patriotisme et de supériorité nationale qui n'avaient rien à voir avec une étude purement scientifique. J'en suis donc réduit à me contenter des observations superficielles que j'ai pu faire moi-même à l'occasion de mes contacts avec des étrangers de diverses races ou pendant mes brefs séjours dans leurs pays.

C'est la race anglo-saxonne qui m'a paru la moins timide. Je ne comprends pas comment Stendhal a pu faire de la timidité « un des deux grands vices anglais : le cant et la bashfulness (hypocrisie de moralité et timidité orgueilleuse et souffrante) » '. La majorité des Anglais au contraire qu'il m'a été donné de voir et de connaître, ne présentaient rien de cette contrainte et de cette inhibition émotives qui traduisent l'excès de la sensibilité intérieure. D'ailleurs leur tempérament ne les y prédispose pas. Sanguins, vigoureux, doués d'un tonus musculaire élevé — ce qui est un obstacle à l'impressionnabilité nerveuse — ils marchent à travers les hommes avec, dans les regards et dans les gestes, une assurance résolue et une confiance entière dans l'efficacité de leurs forces. Je n'ose dire qu'il n'existe pas chez eux de timides : je crois seulement qu'ils s'y trouvent sans doute plus rares qu'ailleurs, et que la timidité tient une place restreinte et secondaire dans le tableau de leur vie affective.

En revanche, j'admettrais chez le Slave et chez le Germain une tendance assez accusée aux émotions de la timi-

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