V. Robert, La Vie viédicale
de disposer, pour ainsi dire, à leur gré, de tout leur sexe, et de faire servir à leurs plaisirs la beauté qui les tente sans avoir besoin d'obtenir son aveu *. »
J'ai observé d'autre part le cas d'un jeune homme <jui, par crainte des femmes, s'était laissé entraîner par des camarades à des pratiques de pédérastie. La timidité peut donc jouer un rôle dans l'étiologie de certaines inversions sexuelles acquises.
Enfin l'accès de timidité a une influence directe sur l'acte sexuel. Cette influence peut produire deux eff"ets, €n apparence opposés : l'éjaculation précoce et l'impuissance par défaut d'érection. Combien d'hommes sont impuissants par émotion lorsqu'ils se trouvent pour la première fois avec une femme nouvelle? Tantôt c'est une impatience anxieuse qui fait devancer l'instant propice, plus souvent c'est une flaccidité intempestive et rebelle à toutes les stimulations psychiques, à toutes les manœuvres les plus savantes.
Gomme le fait remarquer Régis ^, ces formes ont existé toutes deux, particulièrement la première, chez Jean-Jacques Rousseau. Parlant de son premier rendezvous avec Mme de Warens, il décrit l'état où ce rendezvous le mit, « plein d'un certain effroi mêlé d'impatience, redoutant ce qu'il désirait, jusqu'à chercher quelquefois tout de bon dans sa tête quelque honnête moyen d'éviter d'être heureux. Naturellement, ce que j'avais à craindre