‹ Les timides et la timiditéChapitre 61 sur 89 · Rousseau, Confessions, 1" partie, livre III · texte numérisé non relu

Rousseau, Confessions, 1" partie, livre III

2. Régis, Étude médicale sur /.-/. R'iusseau {.Chronique médicale, 1900).

ÉTIOLOGIE 155

dans l'altente de la possession d'une personne si chérie était de l'anticiper et de ne pouvoir assez gouverner mes désirs et mon imag-ination pour rester maître de moimême*. »

La seconde forme d'impuissance, par défaut d'érection, survient dans l'aventure de Rousseau à Venise, avec la courtisane Zulietta.

« A peine eus-je connu, dès les premières familiarités, le prix de ses charmes et de ses caresses, que, de peur d'en perdre le fruit d'avance, je voulus me hâter de le cueillir. Tout à coup, au lieu des flammes qui me dévoraient, je sens un froid mortel couler dans mes veines, les jambes me flageolent, et prêt à me trouver mal, je m'assieds et pleure comme un enfant *. »

Les circonstances extérieures, les conditions du milieu fournissent de nombreux prétextes à la timidité. Chaque fois qu'il faut paraître en public, affronter des regards, tenir une contenance, le timide est intimidé. Entrer dans un salon, dans un magasin, dans un café, dans toute assemblée où son arrivée est remarquée et où on le regarde, lui est une occasion de trouble et d'embarras.

La timidité donne peut-être, en partie, une explication psychologique du succès de 1'» Entrée Libre ». Les timides — et ils sont légion! — iront toujours de préférence dans un grand magasin où ils ne seront pas remar-

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