‹ Les timides et la timiditéChapitre 62 sur 89 · Id., livre Vil · texte numérisé non relu

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qués, où on ne s'adressera pas directement à eux et où ils pourront faire leur choix, sans être importunés par la présence d'un vendeur. De même, je suis persuadé (|ue beaucoup de malades se contentent de demander des conseils à un pharmacien, parce qu'ils n'osent pas affronter l'entrevue en tête à tête avec le médecin. Pour ma part, je sais que nombre de timides, désireux de me consulter au sujet de leur émotion, sont venus à plusieurs reprises jusqu'à ma porte, et se sont enfuis sans avoir osé sonner.

L'élévation de la situation n'est d'ailleurs pas une protection contre la gêne et l'embarras en société. On sait que Napoléon I", lorsqu'il paraissait en public, affectait en marchant un dandinement qui l'aidait à tenir une contenance.

« Quelqu'un qui a beaucoup connu Napoléon III me parlait de son hésitation lorsqu'il devait entrer, le dimanche, dans la chapelle des Tuileries pour y entendre la messe. Il se savait regardé, il se disait que dans un moment il serait le point de mire de l'assemblée. Alors il se redressait, s'étudiait avant d'entrer, faisait un pas en avant, un autre en arrière, puis brusquement se décidait à pénétrer dans la chapelle et gagnait sa place, lui, l'empereur, intimidé sous les regards. Louis XIV, qui se rendait à la messe en marquant le pas au son des violons, était peut-être — qui sait? — un timide aussi à qui Lulli donnait du ton *. »

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