‹ Les timides et la timiditéChapitre 63 sur 89 · Jules Clareliej />c. cit · texte numérisé non relu

Jules Clareliej />c. cit

En revanche, certains individus se troublent plus dans le tête-à-tête qu'en présence de la foule.

« Je me sens timide devant trois personnes et je ne le suis plus devant trois mille », disait Michelet.

« Je sais tel de mes plus proches amis qui se sent toujours un peu intimidé lorsqu'il faut entrer dans un salon et le traverser pour saluer la maîtresse de la maison, bien qu'il soit aussi élégant qu'un clubman d'habitude, et qui n'éprouve aucune émotion à entrer, par exemple, sur une scène de théâtre pour y faire une conférence *. »

Enfin, certains lieux auxquels on n'est pas habitué, certaines réunions d'un caractère solennel provoquent l'intimidation. La coupole de l'Institut possède, parait-il, le privilège de troubler profondément les orateurs qui y prennent la parole. M. Thiers, qui fut bien le contraire d'un timide et s'exprimait avec tant d'aplomb à la tribune du parlement, avouait avoir été intimidé pour la première fois en prononçant son discours de réception à l'x^cadémie Française.

Je rattache à la timidité cette forme spéciale d'émotion qu'on appelle le « trac » . En effet, le trac survient comme elle par la représentation en public ou l'idée de cette représentation, et offre les mêmes symptômes

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