Les formes pathologiques de la rougeur én'.otive
du sujet envers eux qui leur donne toute leur importance. Si le sujet est, par tempérament, insouciant, optimiste, il prendra son parti de sa petite infirmité, celle-ci restera un inconvénient sans jamais devenir un mal véritable. Au contraire, si le sujet est impressionnable, s'il se préoccupe, s'inquiète, s'affecte de son accident, immédiatement celui-ci va grandir en importance et prendre des proportions anormales : et les conséquences pathologiques se produiront.
Ainsi plus le sujet sera impressionnable, plus il sera porté à la polarisation de la vie affective autour d'une représentation mentale unique, plus il aura de chances, toutes choses égales d'ailleurs, de contracter une ou plusieurs phobies à l'occasion des circonstances un peu frappantes de la vie. Or cette aptitude à la polarisation de la vie affective, cette tendance à la fixité des idées, des émotions et des sentiments appartient en particulier aux cerveaux chargés de tares névropathiques héréditaires ou acquises. Et la gravité de ces tares organiques fournit, jusqu'à un certain point, la mesure de la gravité des accidents psychiques.
C'est donc, en somme, la modalité du tempérament du sujet qui fera qu'une timidité sera pathologique ou normale. Et quand ce tempérament prépare et favorise les grands troubles psychiques des phobies, des obsessions, des aboulies inhibiloires, etc., on peut affirmer hardiment que dans leur étiologie le rôle principal appartient à la dégénérescence.