PROPHYLAXIE. — THÉRAPEUTIQUE
Pour la timidité, comme pour toute maladie, mieux vaut prévenir que guérir. C'est d'une prophylaxie prévoyante que nous obtiendrons les ressources les plus efficaces pour combattre les conséquences morbides de la timidité.
Hérédité. — Les formes graves étant liées à un fond de névropathie constitutionnelle, de dégénérescence, la prophylaxie de la timidité se confond avec la lutte contre la dégénérescence. Moins il y aura d'individus congénitalement tarés, moins il y aura de grands timides. Et si des parents, ayant souffert de la timidité, désirent épargner ces mêmes tourments à leur descendance, leur premier soin devra être de se placer dans les meilleures conditions pour la procréation d'enfants normaux, sains, équilibrés et calmes. A cet égard, on ne peut qu'applaudir
aux projets surgis de divers côtés, tendant à réglementer les mariages, ainsi qu'aux campagnes contre l'alcoolisme, la tuberculose, la syphilis, à toutes ces initiatives éclairées et généreuses qui cherchent à soulager l'humanité de ses tares dégénératives*.
Education. — Après l'hérédité, l'éducation est le grand facteur étiologique de la timidité. C'est à l'éducation défectueuse que mes correspondants les plus intelligents ont attribué leur timidité. L'éducation actuelle en France a été beaucoup critiquée et attaquée dans ces derniers temps, et à juste titre, le plus souvent. En effet, pour les jeunes garçons, l'internat, les mauvaises conditions hygiéniques, le surmenage mental, l'insuffisance d'exercice musculaire, les pratiques masturbatoires, etc., tout ce régime de vie déplorable n'est certes pas fait pour neutraliser une timidité native, et n'a que trop souvent pour effet de produire des hommes à santé délicate, à mentalité faussée, à impressionnabilité extrême, sans énergie physique et psychique, sans habileté et sans aptitudes pratiques, incapables de se conduire et de lutter avec succès dans les conflits quotidiens de la concurrence vitale.
A cette éducation française détestable, on a opposé l'éducation anglaise, oij la vie physique, la liberté, l'initiative, tiennent la première placée Peut-être, est-ce à
1. Cf. Hartenberg, Contre la Dégénérescence {Revue de Psychologie ^lin. et t/iér., mai 1900), et Solution d'un problème (Id., juin 1900).