‹ Les timides et la timiditéChapitre 8 sur 89 · LA HONTE · texte numérisé non relu

LA HONTE

Nous sommes malheureusement beaucoup moins iiches en documents sur la honte que sur la peur. La honte, en effet, est une émolion beaucoup moins nelte et aussi beaucoup moins pure que la peur. De plus» elle ne se manifeste pas par des réactions objectives aisé-

l'accès de timidité 19

ment constatables. Sans rappeler les diverses théories émises par Darwin, Spencer, James, Mantegazza, etc., théories qui ne sont que de simples hypothèses, je me contenterai de noter l'opinion que donne M. Ribot sur la honte.

Cet auteur étudie ensemble diverses émotions, qu'il considère comme apparentées, la honte, la pudeur, la timidité, la modestie; elles possèdent un mode d'expression physique commun : la rougeur du visage.

« On connaît les explications ingénieuses de Darwin sur ce point : celui qui se croit l'objet des regards, dirige son attention vers son propre visage, d'oii suit une augmentation de l'afflux sanguin vers celte partie du corps. Elles sont actuellement rejetées. Les expériences de Mosso et autres, sur la circulation sanguine, justifient plutôt la thèse de Wundt, qui voit dans le relâchement momentané de l'innervation vaso-motrice — cause de la rougeur du visage — un phénomène compensateur de l'accélération des battements du cœur produite par l'émotion K »

Au contraire, Bechterew et Misslawski, qui ont poursuivi des études expérimentales sur ce sujet, pensent que la rougeur est due à une dilatation active des vasodilatateurs, provoquée par l'excitation de certains centres corticaux vaso-dilatateurs, qu'ils localisent dans le lobe

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