Un homme libre
Stendhal attribuait aussi à l'arg^eat une grande importance. Il écrit de sa timidité : « Il faut absolument m'en g-uérir : le meilleur moyen serait d'être assez riche pour porter pendant un an au moins, chaque jour, cent louis en or sur moi. Ce poids continuel que je saurais être d'or détruirait la racine du mal *. »
D'autres timides, au moment d'oser, au moment d'agir, font appel, pour soutenir leur volonté chancelante, à des subterfuges, des procédés destinés à prévenir, à surmonter, à dissimuler leur trouble émotionnel.
Certains « se donnent du cœur » avec une boisson alcoolique ou stimulante, «t Le timide tempérament mélancolique parvient quelquefois à se rapprocher du sanguin, comme dit Montaigne, par l'ivresse du vin de Champagne, pourvu toutefois qu'il ne se la donne pas exprès*. » Restriction fort juste : car une ivTesse de commande ne produirait qu'un état d'énervement plus fâcheux encore que la paralysie émotionnelle.
M. Dugas cite le cas d'un timide qui prévient ses accès d'intimidation au moyen d'un collyre à la cocaïne. « J'ai la vue faible, dit-il, et mes yeux clignotent à la lumière trop vive. La cocaïne ayant pour effet d'immobiliser l'œil momentanément, quand j'en fais usage, je puis fixer mon interlocuteur, et cela me donne de l'aplomb \ »
De la même façon agissent les lunettes noires que