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Pitres et Régis, Oôsession de la rougeur, loc. cit

2. Hartcnberg, La base organique de l'éreuthophobie {Presse Médicale, 25 février 1911).

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des pratiques psychothérapiques stériles, à extraire àQ la pensée du malade l'idée de rougir, me suis-je elTorcé de combattre cette prédisposition afin que le sujet ne puisse plus rougir. Et alors, la phobie ne trouvant plus d'aliment, devra s'éteindre d'elle-même.

Pour obtenir ce résultat, il est essentiel d'abord de diminuer le plus possible la réplétion artérielle. iMoins l'appareil circulatoire contiendra de liquide, moins les vaso-dilatations prendront d'ampleur.

On y parvient par la réduction des boissons. Non seulement le malade ne boira rien en mangeant, mais même dans l'intervalle des repas, il boira le moins possible, un demi-litre au maximum par vingt-quatre heures. Ensuite, je combats la vaso-dilatation de la tête par la quinine prise par la bouche et l'adrénaline en injections. Enfin, je calme l'émotivité anxieuse au moyen d'une association de codéine, de chloral et de bromure.

Grâce à cette synergie thérapeutique, on voit peu à peu les accès de rougeur diminuer d'intensité et de fréquence en même temps que l'appréhension de leur retour s'atténue. Et au bout de quelques semaines on obtient soit une guérison complète, soit une amélioration assex considérable pour permettre au malade, une existence normale.

Trac des artistes. — L auto-thérapie rend des servicescontre le « trac » en fournissant à l'artiste des moyens de dissimulation ou de contrainte. Quelques-uns s&

soumettent à des exercices préventifs, pour réduire au minimum les inconvénients de la crise émolioniielle.

Ainsi, Mme Bartet, qui était fort gênée, dans les débuts, par l'oppression émotive qui lui enlevait du souffle, se soumit à des exercices méthodiques de respiration ayant pour but de donner à sa respiration une ampleur, une égalité, une régularité assez stables, pour que, même durant le trac, son rythme ne pût se déranger.

M. Got, dans le même but, s'attachait h posséder si parfaitement son rôle, — gestes, paroles, attitudes, — que le jeu en fût devenu tout à fait machinal, et que le' trac, même le plus intense, fût incapable de troubler le déroulement de l'automatisme acquis.

Au moment d'entrer en scène, la plupart des artistes ont un geste familier, qui leur sert de point d'appui à la volonté et d'auxiliaire pour se dominer et se contenir. Ainsi, M. Paul Mounet crispe nerveusement les doigts. Mme Bartet tend une jambe en arrière, en appuyant sur elle de toutes ses forces. D'autres prononcent une phrase intérieure, interjection d'encouragement, où le mot de Cambronne éclate quelquefois.

Sur la scène, les artistes ont de nombreux petits artifices pour dissimuler les expressions de leur « trac ». A cet égard, le plus curieux est celui que Francisque Sarcey attribue à Mme Sarah Bernhardt.

« Chez Mlle Sarah Bernhardt, le trac se traluisait par un symptôme qui lui était particulier : les dents se serraient violemment, par une sorte de contraction

inconsciente, et les mots ne sortaient plus de sa bouche que martelés, avec une sonorité âpre. Elle ne retrouvait sa voix naturelle que lorsqu'elle s'était rendue maîtresse de son émotion. Le soir qu'elle débuta à la Comédie- Française, comme c'était une grosse partie qu'elle jouait là, se produisant pour la première fois devant un public qui lui était hostile, avec un rôle qui n'était pas dans &es moyens, celui de Mlle de Belle-lsle, elle en dit les trois premiers actes de cette voix métallique qui ne sortait qu'écrasée entre les dents. L'effet en fut désastreux.

« Elle n'a jamais pu se débarrasser absolument de ce tic, qui la reprenait aux jours de grande bataille. Elle a eu le bon esprit de se faire de ce défaut une manière, et elle en a joué, et elle l'a imposé; et vous voyez que les parodistes qui l'imitent dans les revues cherchent tous à reproduire ce martelage du son écrasé entre les dents serrées, qui n'avait été jadis chez elle qu'un des symptômes de la peur'. »

Néanmoins il est bien difficile de cacher absolument l'émotion ressentie. El si celle-ci passe le plus souvent inaperçue du public, les artistes, en revanche, ne s'y trompent jamais : il existe toujours un petit indice révélateur, comme un tremblement des mâchoires chez Mme Barelta, un frémissement des mollets chez M. Le Bargy, qui trahissent au dehors l'agitation intérieure.

Ce n'est que par exception que le trac des artistes

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