‹ Les timides et la timiditéChapitre 85 sur 89 · Jii t II, p · texte numérisé non relu

Jii t II, p

CONCLUSIONS 2a9

d'un coupable, alors qu'il est innocent. Je ne doute pas qu'il y ait eu nombre de timides condamnés, à cause de leur timidité, et parce qu'ils n'osaient pas se défendre et affirmer avec énergie leur innocence.

A ces malheurs des timides, les auteurs bienveillants ont cherché à opposer quelques exhortations consolatrices.

« Les timides se consoleront à voir que leur disposition est commune à beaucoup d'hommes distingués et que la défiance de soi-même est un sig^ne de valeur. An contraire, l'aplomb, l'assurance, l'entregent témoignent le plus souvent d'un caractère médiocre et d'un pauvre esprit. A tout examiner, la timidité porte aux réflexions salutaires et fortifie l'amour de la solitude. La solitude est bienfaisante et libératrice, puisque la majeure partie des maux de l'humanité et des noires vient de ce que nous ne savons pas rester dans notre logis'. »

« Sa consolation doit être que ces gens si brillants qu'il envie, et dont jamais il ne saurait approcher, n'ont ni ses plaisirs divins, ni ses accidents, et que les beauxarts, qui se nourrissent des timidités de l'amour, sont pour eux lettres closes^. »

« Il faut plaindre les hommes ordinaires qui n'ont pas été timides, comme on plaint ceux qui n'ont pas eu d'enfance : il leur a manqué cette salutaire défiance de soi, qui est la condilitju du perfectionnement individuel.

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