‹ Les tirailleurs au Mexique le capitaine Mayne ReidChapitre 17 sur 47 · CHAPITRE XVIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIL

En rentrant au salon, nous retrouvâmes la même douleur; mais elle avait changé de physionomie. Ce changement uvait été presque aussi brusque que ta révolution atmosphérique dont noua vcuiuns d'être les témoins. Au désespoir bruyant qui avait éclaté «lana i«fl premiers instants avaient succédé la ré*ign»lum «I la prière.

Dans un angle de l'appartement, duâa Juaquiau rémtail xaa oraisons cm tenant à ta nus un rnaatra è graine d or uuuc uu orueül*

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proportionner au mérite de l'objet aimé. J’ai toujoun pensé, au contraire , que ce* gens-la ne savent pas aimer.

J avais reconnu ilè* l’abord dans la femme dont mon cœur éuit épris une de ces créatures dotées de toute la semibilité et de toute la tendresse des anges, mais capables cependant, dans les occasions de péril ou de désespoir, d'une énergie qui d'ordinaire n’appartient qu'à an autre «etc. Les sentiment* qu'cite avait exprime» a sa sœur à propos du petit poisson doré m êlaient une preuve de cette esquise çcnsibilité, tandis que l'acte décourage qu'elle avait tenté pour venir û mon secours témoignait, d’une manière irrécusable, de la force de Volonté dont elle devenait capable dans une circonstance donnée. Ce devait être un de ces caractères susceptible* des plu* grandes passions, .|ue n'arrêtent ni les sacrifices, ni même la crainte de la mort; un de ces êtres qui peuvent faillir, mais faillir une fois seulement.

Que n’aurais-je pas fait, que n'aurais-je pas donné pour devenir le Héros d’un pareil cœur!

Telles éiaient mes réflexion* en quittant l'habitation de dooCoame.

J'avais présents à l’esprit chaque mot, chaque regard, chaque mou • cernent susceptible de me donner un peu d'espoir, et je faisais passer iucceuivement au contrôle de mon jugement chacune de cea circonstances avec le plus scrupuleux etameu.

Sa conduite au moment de notre séparation , me paraissait étrange. Elle était si différente de celte de sa sœur! 6e» adieux avaient été bien moins affectueux, et cependant j'osais tirer de cette circonstance un présage favorable. En effet, qu’jr avait-il U d’étrange? fie savaisje pas par expérience que le même objet peut exciter à la fois dans le même cœur le double seuliment de la haine et de l'amour!

Celle croyance paraîtra peut-être un paradoxe, mais je ne chercherai point à l'expliquer, je me contente de l'énoncer, et c’est parce que je croyais h cette possibilité, que la froideur que j'avais remarquée chex Guadalupe en dernier lieu, loin de me désespérer, me produisait, au contraire, nn effet tout opposé.

Un nusge pourtant obscurcissait le ciel de mon amoar. Ce nuage, c'était la pensée de don Santiago. Son nom m’avait frappé au cœur comme la pointe acérée d’un trait empoisonné.

Don Santiago, me disais-je, officier de marine, jeune, beau sans doute, est un rival dangereux, liais non, reprenais-je en continuant mon soliloque. Le cœur de cette enfant n'est point de ceux qui cèdent à de simples avantages extérieurs.

\u surplus, l'âge et la beauté dont j’ornais don Santiago n’exiataient peut-être que dans ma jalouse imagination. Et, de fait, je ne sivais rien de celui dont je faisais si facilement mon rival, sinon qu’il cuit parent de don Cosme et officier de marine à bord du bâtiment espagnol.

Malgré cela, je revenait bientôt à mes soupçons. Evidemment ce don Santiago lui inspirait le plus grand intérêt : ses jeux ne me l'avaient que trop appris. Démons ! Mais, après tout, c'était un cousin. Cn cousin! Ah ( je hais les cousins.

Apparemment que dans ma préoccupation je prononçai ces derniers mots à haute vois, car Lincoln, qui marchait à quelque! pas derrière moi, s'approcha vivement cn me disant : ue demandes vous, capitaine?

icn, sergent, répondis- je un peu confus.

Malgré mon assurance j’entendis Lincoln dire à un de ses camarades:

— Ma foi! je ne sait pas ce que le capitaine a dans la cervelle, mais voici un quart d’heure qu’il parle tout seul.

flous faisions route à travrn un chapparal très-fourré. Après avoir franchi une colline de sable, couverte de mrxquites et d'acacias, nous arrivâmes dans un bois peuplé de vieux chênes-lièges, dont les troncs noueux et vénérables étaient reliés entre eux par des milliers de lianes parasites. A deux milles environ du ranebo nous rencontrâmes un cours d'eau considérable, qui, d’après nos suppositions, devait être une branche de la Jamapa.

Sur les deux rives de cette rivière croissaient de grands arbres dont les branches, en s'étendant, formaient comme une voûte à l'ombre de laquelle coulait lentement une eau limpide. Des plantes aquatiques avaient poussé en grand nombre dans le aein même de* eaux, qu'elles recouvraient de leurs larges feuilles comme d'un tapis de verdure de l'aspect le plus frais et le plut riant.

Le pajs devenait marécageux. De distance en distance nous rencontrions des pièces d'eau stagnante ombragées par les branches recourbées de saules pleureurs. Sur leurs bords poussaient aussi différentes plantes aquatiques parmi lesque les l'iris se faisait distinguer p*r 1s beauté de son feuillage , non moins que par l’é>égance de sa tige longue de vingt pieds, droite comme une lance, et au bout de laquelle se balance une touffe de fleurs brunes semblable au pompon d’nn shako de grenadier.

À notre approche le pélican effrayé partait du sein des roseaux , et, déployant ses grandes ailes, disparaissait en poussant des cris perçants tous les ombrages touffus de la forêt; le caïman plongeait dans l'eau et allait te cacher tous les joncs, tandis que le sajou, suspendu par la queue à quelque branche d'arbre, se balançait gracieusement en faisant retentir les airs de ses cris qu’on prendrait facilement de loin pour des accents de voix humaine.

Meus bous arrêtâmes on moment psv emplir nos gourdes, pois

non* travers* ■"** ,e cours d'eau. A peine nous avions fait cent pas sur la roule oppo' fe * ff ue le guide qui nous conduisait noua cria du haut d’une éminence :

— Mira! la caballada! {Voici le tt^pesn!)

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