‹ Les tirailleurs au Mexique le capitaine Mayne ReidChapitre 21 sur 47 · II. H · texte numérisé non relu

II. H

En remettant ce papier k Raoul, je loi dis tout bas k l'oreille ;

— Au colonei C***, en main» propres; vous entendes, Raoul, en mains propres.

Le colonel C*** était mon ami , et j'étais sfir qu'il trouverait un mojen particulier de venir k mon secours.

— J'ai compris, capitaine, me répondit RaouL

— C’est bien. A cheval, et au galop !

Le Français sauta légèrement en selle, enfonça 1| épereui da. ventre de ton cheval, et s’éloigna dis pare avec la rapidité de r*

— Facilement, me répondît Linm'i», »i la pièce porte jusque là. ion hui rn blanc e*t a nul r mètre*! cria le major avec énergie.

<». En êtes voua sûr, major? demandai -je.

®e Certainement, capitaine, reprit le major, je le tien* de l’inven- ( V. > I) ailleurs nous en «von» fait l’et»eeuve à Washington» elle se ?>,«% ge avec une b. Ile conique, et à Ib distance que Je vous dit elle a 0 ersé une planche d'ua pouce d'ép*i»ieur.

- Très-bien! .Maintenant, sergent, vises avec soin, cette arme peut ÇV u sauver.

Lincoln , s'affermit sur ses pied*, choisit un barreau de la palrisade ii correspondait parfaitement à la hauteur de sou épaule, essuya avec àn L poussière qui couvrait le guidon de l'arme, appuya le canon gr le barreau et mit l'arme en joue.

— Sergent, l'homme qui lient le boulet! criai-je au tireur.

Au moment où je parlait, un des artilleur* ennemi*, placé devant la puce de six, tenait dans ses manu uu boulet qu'il te disposait à introduire dans le canon.

Lincoln pressa la détente, le coup partit, et au même insiant l'artilleur tomba sur la face les bras étendus, et demeura sans aucun mouvement sur le sol. Le boulet, échappé des mains du Mexicain, avait roulé a quelque pas.

Un cri d'étonnement et de terreur fut potimé à celte vue par 1a troupe des guerrilleros. D'autres cris partaient en même temps de l'intérieur du corral, mais c’éuient des cris de triomphe.

— Bien tiré ! criaient à la fois une douuine de voix.

Qnrlquex instants après, la carabine était rechargée.

— Maintenant, sergent, celui qui tient le bonte-feu.

Pendant qu'on rechargeait I* es rabine, letarlilirtm mexicains, nn peu revenus de leur surprise , avaient , de leur côté , chargé leur pièce. Un g-and artilleur, debout et la mèche à la main , se tenait derrière le fanon tout prêt à faire feu tu premier ordre. Mai* avant que cet ordre rôt été donné la carabine était partie de nouveau, et le bras de l’artilleur, agité par un mouvement convul.if, avait lancé à plut de vingt pas de distance son brandon enflammé, qui continuait de brûler sur le gaton. L’homme lui-même, après avoir pivoté et fait deux ou trois pas, était venu tomber dan* les bras de ses camarades.

■ — Capitaine, permetlei-moi de choirir mon homme cette fois.

— Qui est-ce donc, sergent? demandai-je.

— Tenex, celui qui se pavane la-bas sur son mustang noir.

Je reconnus le cheval et la figure de Dubrosc.

— Certainement de tout mon coeur, dis-je.

El en npnmant cet ordre j'éprouvais en moi un aentimenl indéftnissable.

Avant que Lincoln eût eu le temps de recharger, un Mexicain , qui me parut être un officier, avait ramassé la lance à feu toujours allumée et l'avait approchée de la lumière du canon.

— La face contre terre, soldats!

La boulet brisa quelques piquets de la palissade, pénétra dans le corral et vint en passant écorcher une mule à l'épaule. La douleur ht ruer cl bondir le pauvre «nin<i rt par suite le désordre se mit dans lr lr«nie»u des mules, qui pendant un moment coururent comme des follra d >im l'enclôtnre; bientôt après elles se rassemblèrent dans un Com , fii elles demeurèrent tremblante*.

Le bruit du canon avait exalté les guerrilleros, ils criaieat plus fort que j. mais.

Du broie, monté sur son superbe mustang , faisait face au corral et examinait Les effets produits par le boulet.

— J'- intenta mieux le tenir à bonne portée au bout de ma propre car. b ne, murmura Lincoln tout en mettant en joue l'arme du mijor.

Le coup partit. Le cheval noir àt un bond en arrièie, se cabra et •embu sur son cavalier.

— Touché ! cria an soldat.

— Non, je l'ai manqué, le brigand! dit Lincoln en grinçant de* dents au moment où le cavalier te débarrassait de dessous ton cheval.

Remis sur ses pieds, Dubrosc se retira en arrière, tooi en nous nourinl le poing d'un air de défi.

C'en était trop pour des Mexicains: les guerrillerosse reculèrent in jalop ; les artilleurs les suivirent avec leur pièce, qu'ils établirent dans an* nouvelle position, à trois cents pes environ en amère.

Un second boulet vint briser les pieux de 1 notre palissade et frapper an de no* hommes, qui mourut sur le coup.

— -Viseitux artilleurs, sergent!

Lincoln tira une quatrième foi*. Le coup frappa à terre, devant la pièce de canon ; mais avant de toucher le sol la balle avait blessé grièvement un artilleur, que nous vîmes emporter par ses camarade*.

Les Mexicains, terrifiés par l'effet de ce singulier instrument de destruction qui se trouvait entre nos mains, prirent une troisième position à deux cent* pas encore plus en arrière: Leur troisième boulet ricocha et vint frapper la grosse planche derrière laquelle éuit tapi le ma, or. Mais il en fut quitte pour la peur que lui eausa le choc du projectile sur le boiv

Lincoln lira à sou tour. Cette fois le coup ne proffislsif aucun effet visible, et un cri de triomphe, parti de 1a troupe ennemie, non appât qu'ils se croyaient maintenant h l’abri de nos projectiles...

un üutre coup de la Zilodnndet ne parut [«lot avoir an meilleur résuhat.

— One arme ne porte pa* jusque-là, capitaine, dit Lincoln d'un air de conviction prolonde en posant à terre I* crosse de la carabine.

— Essaye* encore un coup. S'il n'arrive pas au but, omis réserverons le* autres pour une distance pins rapprochée. Vue* bien!

Celte épreuve ne fui pss plus heureuse que les deux précédentes.

Les gnerrillerns nous insultaient en criant :

— Kiinbees, bobos I mai aJcIanUl (Vous êtes fous, Yankees, un peu plu* loin!)

La pièce de six venait de nous envoyer un nouveau projectile. La bomet brisa une planche rn plus de cinquante fragmenta, et vint frapper l'araie qu'un de mes homme* tenait à la main.

— Sergent, di«-je, donues-moi la carabme. L'ennemi doit être b peu près* mil e mètrrs d'ici. Mais comme il est aussi dangereux avec la e* roua de que s'il n'était qu'à dix pas de nous, il faut encore essayer an coup.

Je ht donc feu, mais la balle n'arriva qu'à cinquante pas de la ligne ennemie.

— C’est trop lui demander. Ce n'est pas un canon de vingt quatre, après tout, et celte arme a déjà bien fait ton devoir. Il y a deux choses que je vous envie, asjor, votre carabine et votre cheval.

— Hercule!

— Certainement.

— Ah! mon Dieu, capitaine, la csrabme vous appartint, je vous l'abandonne; et si jamais nous sortons de* griffes de ces diables d'enfer, Hercule sera...

l>e grand* cris poussés parles goerrilleros interrompirent le major.

— ùi toelralla! la me Ira lia' {L'obusier! Tobusier!), tels forent les mots qui frappèrent ms oreilles.

Je montai sur le toit pour voir ce qui se passait dams la plaine.

Une pièce d'artillerie, tirée par des mules, débouchait du bois et arrivait au galop.

Ceite pièce était d’une apparence formidable et de taille à réduire en poudre toute notre troupe ainsi que le* palissades qui l'àbri (aient.

Je jetai un regard de dé espoir »ur les hommes q«ii m'entouraient Du même coup je vis le troupeau de mules rassemblé dans un coin de l'en clôture. A cet aspect une pensée subite me traversa |’e*prit. N'y avait-il pas possibilité de monter sur leur do* et de nous échapper? Ce* aoimiut étaient en nombre plus que suffisant, et le ranebo était rempli de brides et de licous.

Je descendis de dessus le toit et donnai des ordres en conséquence de la nouvellevéïolution que je vetkèîs de prendre.

— Faites vile, mai* sans bruit! criai-je aux soldata pendant qua ceui-ci pistaient le* brides aux mule*.

En moins de cinq minute*, ebaque homme étaSt grimpé *nr une bêle avec sa carabine passée en bandoulière.

Qu »nt au major, il était monté sur le cheval de *00 dtMneSWque.

— Maintenant, me* brave* camarade*, levé dis-je, nous avons l’af? d'une véritable cavalerie mexicaine.

l.rs soldait rirent de ce propos.

— Il nous faut, cnntinusi-je, gagner Irt bol* au phi* vite et noua y arrêter. Antiitêt que j aurai prononcé ces mots : En Otant , mOTO*v* vous parti rex à la suite de M. Clayley. Quant à moi , je vrillerai ij vos derrière*. Ne vou* arrête! pis a f ore te cOnp de Ira, tehet-voua bien! Si quehpt’on tombe, que refui qui *e trouvera le pins près df lui le ramasse. Ab! quelqu’un est H hfeOsé?

Un nouveau projectile venait de p***ee dans nos rangs.

— Il ’n’jr a qè'OnV égratttgnore, fut-il réfmnda.

Tant mieux. Tout le monde est-il prêt? Quant h vous, monsieur Clayley, vous voyex ee bouquet de bdrs : c’est sur ce poin 1 qu’il faut diriger votre course. Qu'on passe la barrière. En avant, marche/

À peine avais-je prononcé ces mois, que tous les hommes à cheval avec Clayley en tête se précipitèrent au galop bon da cdrnl, Le lieutenant ouvrait' la mirche monté xnr une mute qui portait an cou une sonnette. Le* tintements de cet instrument servaient à guider les cavalier* au moins autant que leurs tebtitom.

Au moment u h notre cavalerie ht son entrée sur la prairie, un grand eri parti de la troupe dès gûCrrilleros nous donna lieu de penser qu'il* ocraient pas jusqiftlor* soupçonné notre projet de fuite. Sans perdre de tetep», it* Minèrent en selle et *e mirent à la poursuite de notre troupe, qui continuait sa course au grand galop, bien que la plupart dt ce* cavaliers improvisé» cassent toutes les peine* du monde I conserver leur équilibré.

1,‘obusier qu’on était en train de pointer contre le corral fut ton! à coup retourné de notre côté, et oouS l'entendîmes bientôt tonner 1 Mais le coup, mat ajusté, passa ï une grande hauteur au-dessus do : no* tèici

j Les g u e rrilïeros, avec leurs chevaux rapides, commençaient à gigntt da terrain sur nos mules.

J* m'étais placé derrière notre troupe avec une domaine de mes meilleur* hommes, dan* le bat d'envoyer quelques baltef I ceut da nos ennemis qui noua approcheraient de trop près et dé ramasser, chemin faisant, ceux des nôtres qui »e laisseraient choir. L’une «les l mules ruait et M cabrait avec violence sous un Irlandais qiii la mon-

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