LES TIRAILLEURS AD MEXIQUE
Ce petit discours du major ae divisait en trois parties : 1a première était un soliloque, la deuxième une apostrophe à Hercule, la troisième s'adressait à moi.
— Très-bien , major, répliquai-je , j’accepte le chev.il noir. Monsieur Clayley, faites monter les hommes sur les mules, et prenet le commandement de la compagnie pour accompagner le colonel Rawley au camp. Quant à moi, je vais aller retrouver notre Espsgnol.
J’avais prononcé à voix baise ces derniers mou adressés k Clayley, ft je continuai sur le même ton :
— Je ne pourrai être au camp que demain dans la journée, ne parlez de mon absence à qui que ce soit; je ferai mon rapport moimême demain à midi.
— Alors, capitaine... dit Clayley.
— Quoi, lieutenant?
— Chargez-vous de mes civilités.
— Pour qui , mon ami ?
— Pour Marie de la Lumière.
— Très-certainement.
— Dans votre meilleur espagnol , je vous prie.
— Soyes-e%sùr, dis-je en riant de l’empressement de mon ami.
J’allais m'éloigner, quand je vins li penser que rien ne s'opposait k
ce qu’on laisiftt la compagnie sous le commandement d'Oakes, et que de la sorte Clayley pourrait venir avec moi.
— Clayley, dis-je en prenant le lieutenant à part, si vous portiez voi compliments vous-eiêine? Oakes prendrait le commandement de nos hommes. Le colonel Rawley nous donnera bien quelques-uns de ses dragons pour nous accompagner.
— De tout mon cœur, reprit Ohyley. A cheval, et partons!
Je pris avec moi Lincoln et Raoul, j'y joignis six dragons de Rawley, et, souhaitant une bonne nuit a tue» amis, je m'éloignai avec mon escorte.
Le gros de la troupe prit, pour retourner au camp, la route par Mata-Cordera, taudis qu'avec Clayley et mon petit détachement je suivis la lisière de la prairie, et grimpai la colline sur laquelle nous devions trouver le chemin qui conduisait à la maison de don Cosme.
Arrivés sur le sommet de l'éminence, je jetai un regard sur le théâtre de notre dernier combat.
La lune, qui éclairait la prairie de la Viigen, ne me ht voir sur l'herbe aucune des victimes de notre lutte.
Lesguerrilleros, en opérant leur retraite, avaient emmené avec eux leurs morts et leurs blessés. Quant aux deux Américains tués, ils étaient enterrés dans le corral abandonné. Pauvres gens! ce ne fut point uns un sentiment pénible que je vis une bande de loups rôder autour de l'enclôture, et que j'entendis les cris féroces des coyotes, qui m'annonçaient que la tombe guerrière creusée à la hite ne serait pas longtemps respectée.