CHAPITRE XXIX
Désappoialaanaat at aoavaaa plan.
Je rejoignit mes compagnons à l’entrée dea bois. Clayley, qui avait •le temps à antre regardé en arrière, passa de mon côté avec l’iatentioa d’entrer en conversation.
— Mauvaise af aire, capitaine, que de quitter de pareils quartiers. Ma foi , j’j serait resté toute ma vie.
— Allons, Clayley, voua êtes amoureux.
— Oui ! Ab 1 ai je pouvait seulement parler lenr langue comme voua !
Cette réflexion me fit sourire, car j’avais été témoin, à travers Ica arbre«, dea efforta que faisait mon ami pour comprendre le mauvais anglais de la charmante Lus. J’étais tgirieux de savoir comment il s’y était p.is, et s’il avait fini comme moi par aborder la grande question. Ma curiosité fut bientôt satisfaite.
— Je vous répète, capitaine, continua-t-il, que si j’avais pu parier sa langue j’aursis franchement fait ma déclaration , et que je lui aurais dit : Est- ce oui on non ? — Mais, soit ignorance, soit mauvaise volonté, die ne m’aurait pas répondu. Ah ! j’ai bien dn malheur !
— Vous pou vin très-bien vous faire comprendre d’elle , elle sait sj an d’anglais peur cela.
— Je le croîs; mais chaque foia que je voulais parler d’amour elle ! iça rigit nu un, at me frappait de son éventail. Il parait que la quea-
lion doit être faite en espagnol , elle y tient. Pour moi , j’ai pris la chose très au sérieux. Voyn ce qu’elle m’a prêté.
En pariant ainsi, Clayley lira de la coiffe de sou shako deux petits volumes dans lesquels je reconnus une grammaire et un dictionnaire espagnols.
Je ne pus m’empêcher de rire.
— Mon ami, lui dis-je, le meilleur dictionnaire que vous ayea è consulter, c’est la jeune fille elle-même.
— Sans doute. Mais comment diable ferons-noua pour revenir ici? Noua n’aurons pas tous les joura une chasse aux mules.
— Je erains bien, en effet, que cela n’offre quelque difficulté.
Là -dessus, je me mis à y penser sérieusement. Ce n’était pas en effet chose facile q ne de s’éloigner du camp. On se montrait si exigeant pour la présence dea officiers aux manceuvres et aux parades ; la maison de don Coame était à dix milles de nos lignes, puis la route ne pouvait toujours être sûre. Enfin , ces voyagea offraient beaucoup de difficultés.
— Ne pourrions-nous pas sortir la nuit ? fit observer Clayley. Nous
nous ferions accompagner d’une demi - domaine de nos hommes, et noos viendrions ici sans bruit. Qu’en penses -vous, capitaine ? ’
— Clayley , je n’y reviendrai qu’avec leur frère ; je leur ai donne ma parole, et je la tiendrai.
— Voua avet eu tort de vona engager ainsi , je crains qu’il ne soit fort difficile d’exécuter le projet que vous médite».
Les prévisions de mon camarade n’étaient que trop justes, car en approchant de nos lignes nous fîmes rencontre d un dea aide» de camp du général en chef, et j’appris de lui que depuis le matin même toute communication était interrompue entre la ville assiégée et les bâtiments étrangers.
Le voyage de don Cosme devenait donc sans bot. Je loi expliquai cette triste circonstance, et rengageai à rel«*nroer vers as famille.
Lincoln.
— Ne dites point eette mauvaise nouvelle à ces dames ; rapportesleur seulement que la chose demande quelque temps , et que vous m’en sves laissé le soin. Soyes assuré, du reste, que Je ferai tous mes efforts pour pénétrer dans la ville, ôéceovrir l’enfant, et le remettre sain et sauf à sa mère.
Cétait la seule consolation que je pouvais offrir à ce pauvre père.
— Vous êtes bon, capitaine, oui, bien bon ! mais je vois bien qu’il n’y a pins rien à faire maintenant qu’à espérer et prier.
Le vieillard, en prononçant ces paroles, paraissait vivement ému, tonte sa contenance dénotait l’abattement.
Je pris avec moi le Français Raoul, et reconduisis don Cosme juaqu’à ce que je fus assuré qu’il n’avait plus rien à craindre des pii. lards répandus dans le voisinage. Nous nous séparâmes après un affectueux serrement de main.
Pendant quelque» instant», je considérai ce vieux gentilhomme qui s'éloignait avec tente» le» marques d’an profond chagrin. Son corpa
— Mil diab!o$! t'écria un soldai en reconnaissant Raoul, c'est noire ami le Français.
— Ce sonl des espions, dit un autre.
— Arréirr-let, dil un sergent de garde arrivant en ce moment avec l te patrouille. An même instant on s'élança tur août, et nous faînes a ré'és par une d»utaine d hommes.
Ko vain Raoul protesta de noire innocence, assurant qme nous liions de pauvres pécheurs qui s'étaient mouillés dans l’exercice de I eur profession.
— Ce ne sont pas là des costumes de pécheurs, fit observer quelqu'un.
— Et puis, cria nn autre, est-ce l'habitude des pécheurs de porter de* diamants au doigt?
En parlant de la sorte le brutal m'arracha mon anneau, sur lequel se trouvaient gravés et mon nom et mon grade.
I.e nombre des curieux s'augmentait a chaque instant, plusieurs permîmes reconnurent Raoul et établirent qu'on ne l'avait pas vu depuis quelques jours.
— Cel* s'explique, disait-on, il était allé se joindre aux Yankees.
Pendant ce temps 1rs soldats nous avaient attaché les mains, et l'on
nous conduisit à la prison. La on noos fouilla avec soin et on trouva ma bourse contenant plusieurs aigles d'or (monnaie américaine). Cette pic. e seule eût sutli pour me faire condamner.
Après ces grarirux préliminaire», on nous enchaîna fortement l'un à l'autre; et les ganlrs se retirèrent, nous laissant livié» à nos prnsées : il eût été difficile de nous mettie en compagnie plus désagréable.