‹ Les tirailleurs au Mexique le capitaine Mayne ReidChapitre 26 sur 47 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Un secours tombé du ciel.

— Je ne donnerais pas un elaco de ma vie, dit Rsoul au moment oh les portes se refermaient sur noos. Mais vous, capitaine? Hélas! hélas !

Le Français se jetant en gémissant sur le banc de pierre, me força à m'y asseoir egalement.

Je ne tiouvais point de consolation à lai offrir. Je savais qu'on nous accusait d'espionnage. St nous étions convaincus, le résultat était infaillible et noos n'avions pas vingt* quatre heures à vivre. L'idée que c'était moi qui avais entériné cc brave garçon rendait ma situation encore plus pénible. Et puis mourir ainsi sans gloire, c'était cruel ! T rois jours avant j’anrais sacrifié ma vie avec indifférence; mais depuis, combien mes sentiments étaient changé»! Un lien puissant m'attachait à l'existence, j'avais peur de b mort, j’étais devenu poltron, et je déplorais amèrement ma fatale témérité.

[Nous nas.'&inrs la nuit à essayer vainement de nous consoler l'un l'attire. La souffrance physique ajoutait encore à nos tortures morales. Mo» habits étaient transpercés par l'eau et la nuit était excessivement fraîche. Mous n'avions pour lit qu'un banc de pierre, encore notre chaîne ne nous permettait- elle pas de lions y étendre à notre aise; de plus, nous étions obligés pour nous réchauffer, de noua presser étroitement l'un contre l’autre. Celte nuit fut horrible. Le jour parut enfin.

Un officier vint de grand matin nous visiter. La cour martiale qui devait uous juger avait été convoquée pour l'après-midi, et l’on nous conduisit devant le tribunal au militu des insultes de la plus vile populace. Mous fîmes connaître à la cour le motif qui nous avait conduits à Vera-Crux; nous donnâmes le nom du jeune MarcUso et désignâmes la mai»on oü il était logé. On envoya aux informations, tout était conforme * ce que nous avions déclaré; mais on piétendit que notre récit n'était qu'une ruse inventée par notre camarade. La connaissance que H«oul avait de la ville et du pays d'alentour rendait celte supposition as»ex vraisemblable. Dr plus, le Français fut reconnu par plusieurs habitants ; sa disparition fut établie , elle se trouvait coïncider avec le débarquement de l'armée américaine. Quant à moi, l'anneau et la bourbe trouvés sur mut tu 'accusai rut suffriamment. Mous fûmes déclarés espions et comme tel» condamnés à subir le lendemain le supplice du garrot.

On offrit a Raoul de lui faire g>àce de la vie s'il voulait devenir traître et donner des renseignemenis sur l'ennemi. Le brave soldat irjeta celle offre avec indignation. On me fit la mime proposition, mats sans plus de succès.

Au moment où notre seutenre allait être prononcée, je remarquai uu mouvement général dans tout le peuple : soldats et citoyens quittaient en bâte la salle d’audience, la cour elle-même prononça rapidement son arrêt et ordonna de nous faire sortir. A ces mois, la garde s'empara de nouveau de nous, nous poo»sa dans la rue, et nous uous trouvâmes de nouveau en route pour la prison.

L'cscone qui nous conduisait paraissait très pressée. Dans les rues où nous passions, nous rencontrions des habitants courant à b débandade en donnant tous les signes de U plus grande terreur. Des femmes, des enfanta a'ebfujaitDt en poussant des cris lamentables, et allaient chercher un abri derrière les murs et Ica créneaux. Quelques gens plus pieux ou plus timorés que les autres tombaient à grnoin et

priaient avec ferveur. D'autres pressaient lenrs enfants contre leur sein et (remblaient sans même trouver b force de pousser un seul cri.

— On dirait à les voir qu'il y a nn tremblement de terre, fit observer Raoul; mais je ne vois rien. Savn vous ce qne c'est, capitaine?

La réponse «e fit d'elle-tnéme, car immédiatement un objet travers les airs en sifflant et en roulant sur lui-même.

— Une bombe de cher nous, hourra! cria Raoul.

De mon côté cette vue me fit presque plaisir, quoique je n'ignorasse pas pourtant que je pouvais être moi-même la victime de ce projectile.

Les soldats qui nous escortaient s'étaient jetés derrière des mura et des piliers voisins, et nous avaient liirsés seuls au milieu de b rue,

La bombe passa p*r-dessus no» lêie* et tomba à quelque» pas sur le pavé. Elle éclata; les fragments pénétrèrent dans le mur de b maison voirine, et des gémissements qui parvinrent à nos oreilles nous a;xprirenl que le messager de fer avait accompli sa terrible mission. C'était b seconde bombe lancée par les Américains; la première avait été aussi destructive : telle était la cause de b terreur qae nous avions observée che* les soldats et les habriants.

La mort accompagnait eh*qne projectile.

Cependant notre eseorte était revenue vers noos, et continuait à nous conduire vers b prison en redoublant de brutalité à notre égard. L'rxaitation de nos gardiens était portée à son comble, et l'un d'eux, plus féroce que les autres, enfonça sa baïonnette dans la cuisse de mon compagnon. Après plusieurs autres mauvais traitements nous fûmes enfin réintégrés dans notre pnion, et b porte fat de nouveau fermée sur nous.

Depuis que nous étions prisonniers nous n’avions ni bn ni mangé, la faim et b soif ajoutaient à l’horreur de notre situation. Les insuhes avaient exaspéré Raool; la dootenr de si blc-sure l'avait rendu furieux; b chaise qui retenait ses mains ne lui permettait pre<qu« aucun mouvement; dans un accès de rage, qui lui donnait sans doute une force surhumaine, il tordit ses menottes avec tant d'énergie, qu'elle» se brisèrent comme du verre.

A la suite de ce premier exploit, nous eûmes bientôt rompu b chaîne qni nous liait l'tisa a l’antre; celle qui nous attachait les pieds tic tarda pas non plus à avoir le même sort.

— Mous pourrons du moins, capitaine, vivre nos dernières heures comme nous avons vécu toute notre vie, libres et sun* fers.

J’admirais l'esprit et b force de caractère de mon brave compagnon.

Mous nous étions placés près de la porte et nous écoulions.

Une canonnade bien nourrie grondait autour de nous. Nous distinguions aussi le bruit plus éloigné des batteries américaines. Les bombes éclataient de tous côté* et les murailles qui s'écroulaient à chaque instant retentissaient a nos oreilles comme les grundem«-nn du tonnerre. Raoul, au comble de l'exaltation, s’élancait contre U porte en poussant des cris furieux.

Une idee me traversa l’esprit.

— Mous avons des armes, Raoul.

Je montrais eu parlant ainsi les fragmenta de chaîne épars autour de nous.

— Vous sentez-vous capable de gagner une des trappes uns danger de vous tromper de route?

Raoul tressaillit.

— Vous avez raison, capitaine, je le pais. Il n’est psi probable qu’ils trouvent le temps de nous visiter cette nuit, et peut-être n'avoas-uoux pas encore perdu toute chance de salut.

Mous nous étions compris. Chacun de nous noms* un des fragments de b clirinr (il y en avait deux) et se plaça derrière b por.ç tout prêt à s’élancer moilit que nos gardien» viendraient à Couvrir. Mous demeurâmes une heure dros cette position sans échanger uue seule parole. Pendant ce leuips la canonnade continuait et le» lu>ml>e» tombaient à chaque instant tout autour de b prison que nou» occupions. Les toit» s'enfonçaient, les soliveaux se brisaient, les murs s'effondraient et croulaient avec fracas, t e» bruit» Délaient pas Je* seuil qui frappaient nos oreilles; les jurements des soldats, le» cri» des hommes, les gémissements des femme» nous arrivaient ég-iemeot, il» suivaient toutes le» explosion».

— Fichtre! du Raoul, s'il» pouvaient seulement nous oublier peu- •I ii ri t une couple de jours, nos amis viendraient nom» ouvrir U porte.

Sacristi !

En même temps que mon camarade poussait cette dernière exclamation, un objet pesant fiappa le toit, brisa 1a couverture et le plafond , et vint tomber à nos pieds tn faisant sur le pavé uu brait sonore.

Une exptosion suivit bientôt. La terre parut ébranlée jusque dan» sc> entrailles, des centaines de projectiles furent lancé» en sifflant dans toutes les directions, et nous uous trouvâmes enveloppés dans uu nuage épais de poussière et de chaux mêlées de va-urur* Milfureu.es. On respirait avec peine, je fus pre»que suffoqué. J’essayai de crier, n*a voix s'arrêta dans mon gosier., Ce lut à peine si, malgré mes effort», je parvins à m'entendre moi-uième. A la fin, pourtant, je pu» crier par deux foi» : ■,

— tl»o«l! Rioqll k . , . sè

Mon camarade me répondit, mais ta voix semblait venir d’une grande distance. J’étendis les bras pour le chercher, il était à mes côtés; mais, comme moi-même, il étouffait faute d’air.

— Sicristi ! c’était une bombe, dit-il enfin d’une voix sifflante. Etesvous blessé, capitaine?

— Non, répliquai-je. Et vous?

— Sain comme l'eeil... Nous avons tout de même une fameuse chance ! car les éclats doivent avoir frappé dans tons les coins de la priaon.

— Il vaudrait mien; que nous n'eussions pas été épargnés par eux, répondis-je après une pause. C’était le seul moyen que nous eussions d’éviter le garrot.

— B.ih ! qui sait, capitaine? reprit Raoul avec un accent qui indiquait qu'il n'avait pas perdu tout espoir de salut... Ne pourrait-on voir à sortir par oh cette bombe est entrée? continua-t-il. Examinons. Elle doit être venue par le toit.

— Je le suppose.

Nous noos primes la main et noos avançâmes ensemble vers le milieu de la salle les yeux fixés au plafond.

— Fichtre! dit Raoul, je ne vois pas à un pied de mon nex, j’ai les yeux tout remplis...

— Je vous en offre autant.

Nous attendîmes que la poussière se fût un peu dissipée. Alors , fixant de nouveau nos regards au plafond, nous aperçûmes enfin une faible lueur qui venait d’en haut; il y avait un grand trou à la toifuie.

Bientôt nous y vîmes suffisamment pour reconnaître les dimensions de cette ouverture, elle était as ses large pour donner pistage au corps d’un homme; mais ce trou se trouvait à quatorze pieds audessus du aol, et nous n’avions rien qui pût nous permettre d’atteindre à cette hauteur.

— Qu'a lions-nous faire, Raoul ? Nous ne sommes pas des chats, nous ne pourrons jamais arriver là.

Sans prendre la peine de répondre, mon camarade m'enleva dans ses bras et me dit d'essayer. Je montai sur scs épaules; mais, bien que je m'allongeasse autant que posaible, je ne pus parvenir à toucher le toit.

— Laisses-moi descendre, Raoul! criai-je. Il me vient une idée. Si seulement on pouvait nous laisser un peu de temps!

— Oh! ne ersignex rien de leur part. lia ont bien assex de sauver leur* carcasses jaunes.

J'avais remarqué que le trou formé par 1a bombe sc trouvait tout prè» d'une des poutres de la toiture. D’après cette circonstance , je me mis à disposer une de nos menottes en forme de crampon; tandis que Raoul, qui, sur mou ordre, s’était dépouillé de son pantalon de coir, s’occupait à le déchirer en petites bandes. En moins de dix minutes nous étions possesseurs d'une corde armée d'un crampon à son extrémité. Je remontai sur les épaules de mon camarade , et tâchai d'attacher la corde h la poutre en y enfonçant le crampon; mais je manquai mon coup. L'effort que j’avais fait me fit perdre l’équilibre, et je tombai sur le plancher. Je recommençai et n'obtins que le même résultat.

— Fiebtre! grommela Raoul entre ses dents.

Le crampon loi était tombé sur 1a tète.

— Voyons, essayons jusqu’au bout. Notre vie en dépend.

D’après une aupcr.litiou populaire, le uoitiemc effort est toujours

celui qui réussit. Pour cette fois, du moins, il en fut ainsi pour nous. Le crampon entra dans le boit, et la corde vint en se balançant tomber à quelques pieds du sol. Je remontai sur les épaules de mon camarade; et empoignant la corde aussi haut que posaible, je tirai fortement de manière à éprouver sa solidité. Elle résista. Alora je me hissai à la force du poignet et j’atteignis jusqu'à 1a poutre. De là il me fut fa île de grimper jusque sur le toit.

Une fois dehors je m’avançai en rampant avec précaution sur l'atoiej, qui, conformément au mode de construction adopté pour les maisons espagnoles, était plate et garnie d'un petit parapet par-dessus leqnrl je regardai dans la rue. Il faisait nuit, et je n'y pus rien voir; mus à une certaine distance je distinguai sur les remparts des soldats dont les noires silhouettes tranchaient sur le bien du ciel : ils étaient •ccnpés autour de leurs batteries. D’instant en instant lea canons grondaient en éclairant 1a ville des lueurs sulfureuses qui s’échappaient de leurs flancs.

Je retournai pour aider Raoul; mais il s’éuit impatienté de mes lenteurs, et je le trouvai en train de grimper à la corde.

Noua allâmes de toit en toit en quête d un endroit d’oh noos pallions descendre dans la rue sans courir les risques d'être aperçus. Les maisons placées sur la même ligne que notre prison n’avaient toutes qu’un seul étage. Après en avoir examiné plusieurs, nous nous décidâmes à descendre dans une étroite allée. Il était encore de trèsgrand matin; maia la population, tenue en éveil par le bombardement, errait de Unis côtés dans nne inquiétude et une anxiété visibles. Les gémissements des femmes et des enfanta, les cris des hommes, les plaintes des blessés, les hurlements de La moltitnde, tont cela formait un brouhaha d’un effet impossible à décrire. Les bombes continuaient de voler dans l'air avec ce sifflement qui leur est particulier. A cha-

que instant on voyait crouler des murs et des parapets. An moment oh nous passions près de la cathédrale, un boulet vint frapper ia coupole de ce monument. Des fragments de cet édifice, que les siècles avaient respecté, tombèrent à nos pieds avec un fracas épouvantable. Des accidents de même nature se répétaient presque à chaque pas. Nous marchions littéralement au milieu des ruines. Les précautions pour nous dérober aux regards étaient devenues à peu près inutiles, personne ne faisait attention à nous.

— ■ Nous sommes près de la maison, voulex-vous essayer de le prendre en pssssant? dit Raoul faisant allusion au jeune Narcisso.

— Sans doute, raontrex-moi sa demeure? répondis- je presque honteux d’avoir oublié, au milieu de nos propres périls, l'objet principal de notre entreprise.

Raoul m’indiqua une vaste maison avec un grand portail.

— Tenez, capitaine, la voici.

— Allez vous placer dans l’ombre et atlendex-moi, il vaut mieux que je sois seul.

Mon compagnon obéit à cet avis.

Pour moi , je m’approchai de la grande porte et frappai hardiment.

— Quien? cria le portier de la Saçuan .

— Yo, répondis-je.

On eotr’ouvrit 1a porte avec précaution.

— Le sefiorito Narcuso est-il ici? demandai-je

— Oui , répondit le portier.

— Dites-lui qu’un ami désire lui parler.

Après un moment d’hésitation, le portier me quitta pour entrer dam la maison. Au bout de quelques secondes arriva un charmant enfant que j’avais déjà vu pendant les débats de notre jugement. 11 tressailli' en me reconnaissant.

— Chut, lui dis-je en lui faisant signe de se taire. Vous avez deux minutes pour prendre congé de vos amis et venir me rejoindre derrière l'église de la Maedalcna.

— Ah ! senor, dit-il sans paraître m’écouter, comment avez-vous fait pour aortir de cette prison? Je reviens de chez le gouverneur, oh j’ai été solliciter votre mise en liberté, et...

— Il ne s'agit pas de cela , répliquai-je en l’interrompant. Suives mes avis. N’oubliez pas tout ce que votre mère et vos sccur» souffrent pour vous.

— Je vais vous rejoindre, dit l'eufant d’un ton plein de résolution.

— Basla luego. (Ne perdez pas de tempa.l Adiosl

Nous nous séparâmes sans rien ajouter. Je rejoignis Raoul, et nous gagnâmes ensemble la Magdalena. Chemin faisant, nous traversâmes la rue oh nous avions été pris la nuit précédente; mais elle était dans un état tel, que nous pûmes à peine la reconnaître. Des ébonlemrnts l’encombraient de toutes parts ; ce n’était de tous côtés que des tas de décombres.

Nous ne rencontrâmes ni patrouilles ni sentinelles, et personne cette fois ne parut faire attention à notre singulière toilette.

Aussitôt que noos eûmes atteint l'église, Raoul descendit dans l’égout; j’attendis seul l’arrivée de l'enfant. Celui-ci fut de parole, et j'aperçus bientôt sa jolie figure qui apparaissait au détour de la rue. Nous n’avions pas de temps à perdre, je l’entraînai dans le pnsuge souterrain. Mais la marée était encore trop haute, nous nous vîmes contraints d'attendre qu'elle baissât. L’heure propice arriva enfin; nous nous glissâmes, en rampant, sur les rochers, et profitant du ressac nous nous éloignâmes par une manœuvre analogue à celle que nous avions exécutée pour venir.

Après une heure de fatigue, nous atteignîmes Punta Hornos. Un peu plus loin, nous rencontrâmes un poste américain; je me fis reconnaître, et j’eus enfin la satisfaction de rentrer dans nos lignes.

A dix heures, je me retrouvai dans ma tente. Il y avait juste vingtquatre heures que j’en étais sorti. Personne, à l’exception de Qayley, ne savait rien de notre aventure.

Le lieutenant et moi convînmes qu’aussitôt la nuit venue, nous noua mettrions à 1s tète d’un petit détachement pour reconduire l’enfant à sa famille. Après la retraite, nous partîmes donc du camp et rejoignîmes nos nouvelles connaissances. Je n’essayerai point de décrire la réception qui nous fut faite. Les expressions de reconnaisse m* et les témoignages d'amitié nous furent prodigué* par tout le moud Pour moi, les sourires de l’amour me payèrent largement de nu* peines.

Nous voulions répéter nos visites chaque nuit , mais malheureus. ment les guerrâleros s’emparèrent de toute la campagne ; de pet»! détachements «e nos hommes, qui s’étaient un pen aventurés hors ri i camp, furent capturés en plein jour. Mon ami et moi, en présence <i.< ces faits, nous nous trouvâmes for. és, malgré l’ardeur de nos dés , de remettre nos visites jnsqu’à la prise de Ver» Crut.

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