CHAPITRE LL
Pendu par lu taloa*.
Cette nuit fut longue ; c’est la plus longue que j'aie jamais passée : je ne puis mieux comparer ce que j'éprouvai pendant ces heures mortelles qu'à un de ces affreux cauchemars qui nous torturent pendant notre aommei!, c’était même bien plut affreux encore.
Pour mettre le comble à nos tortures, de temps à autre les Jarocho* venaient s’asseoir sur nos corps comme sur un siège et causaient tranquillement en fumant leurs cigare* pendant que nous étouffions sous leur poids. Nous ne pouvions protester, puisque nous étions bâillonnés; mais, l’eusaions-nous pu, nos réclamations n'auraient fait qu’exciter les railleries de nos tortionnaires.
La nature semblait en rapport avec nos sentiments mélancoliques La lune, à moitié cachée sous les nuages, ne jetait qu’une lueur incertaine; le vent murmurait comme uu glas de mort dans le* feuilles des arbres. Plusieurs fois, pendant la nuit, j’entendis les hurlements du loup de la prairie; je devinai Lincoln, mais noua éliona trop bien gardés par les Jarochos pour que le chasseur pût nous approcher : d’ailleurs sa présence n’aurait pu nous être d’aucun secours.
Le malin vint enfin. On nous attacha sur le dos de mules vicieuses et l’on fit route à travers les bois. Nous gravîmes pendant longtemps une côte, et arrivâmes enfin à son sommet terminé par un petit plateau. Là nous fûmes détachés de dessus les mules et laissé* sur le sol à la garde d'environ trente Jarocho*. Il commençait à faire grand jour, noua pouvions voir distinctement nos gardiens. Ils ne noua parurent pas plus beaux sous les rayons du soleil qu'aux tueurs rougeâtres de l'incendie du rancho.
Lopez commandait ce détachement; sa surveillance ne se relâcha pa* un seul instant : il était évident qu’il considérait le Padr * comme un homtue de parole.
Nous demeurâmes dans cette position une demi-heure environ. Au bout de ce temps uu bruit se fit entendre et attira notre attention x c’était une troupe d’hommes à cheval qui arrivaient au petit galop. Jarauta était à leur tète, une cinquantaine des siens le suivaient: en un instant il fut auprès de nous.
— Buenos dias , caballerosl cria le Padre d’un ton de moquerie tout en mettant pied à terre et s’approchant de nous. J’espère que vous ave* passé une bonne nuit. Lopez, j’en suis sûr, aura pourvu à ce que vos lits fussent bien fait*. N'est-ce pas, Lopez?
— Oui, capitaine, répondit le laconique Lopes.
— Et ces messieurs se sont bien trouvés dans leur lit, dites, Lopez ?
— Oui, capitaine.
— Ils ne sont pas tombés, hein ?
— Non , capitaine.
— Alora ils se sont bien reposés. Tant mieux, car Us ont un long voyage à faire. N'est ce pas, Lopes?
— Oui, capitaine.
— J'espère, messieurs, que vous êtes prêts à partir... Êtes-vous
prêts ?...
Chacun de nous ayant, comme on sait, une baïonnette entre les douta et étant en outre lié aux brat et aux pieds, cette demande ne devait recevew et me reçut aucune réponse. Sa Révérence n’en atUn-
— Non, ci pilai ce.
Nouveau» éwlau de rire de tonte 1e canaille.
On venait de me mettre autour dn cou la corde, qui ee lervainait à cette extrémité par un ncend coulant; le reste, après avoir puaoé s«r une branche d'arbre, gisait £ terre en replis tortueua et venait ne terminer dans les mains de Lopes, qui ae tenait près de là disposé à obéir au premier mot de aon chef.
— Tout e»l il prêt, Lopex? cria celui-ci.
— Oui, capitaine.
— Alors, balances le capitaine... Non, non, pas encore. Faites-lui voir d'abord le parquet sur lequel il va danaer. Il est assex beau, j’espère, pour ne pas lui faire mal aux pieds.
En conséquence de cet ordre, on me conduisit en avamt jusqu’à ce que mes pieds atteignirent le bord du précipice ; on me fo rça de m'asseoir au pied de l'arbre destiné à mon supplice, les jambes pendantes au-dessus de l'abime. Par une sorte d'attrait étrange mais irrésistible, je fis ce que voulait mon bourreau ; c'est-à-dire que je rega rdai l'abime au-dessus duquel je devais être suspendu un moment après.
La falaise sur le bord de lsquelleje me trouvais placé formait l'un des rdlés d'une de ces excavstions creusées par les eaux danm les montagnes, qu’on rencontre fréquemment dans l'Amérique espagnole, oû elles sont désignées sous le nom de barranca. On eut dit qu'un coup violent porté par un bras gigantesque avait séparé la montagne en deux, car l’autre rive de la barranca se trouvait à peine à deux cenU
C s de celle ob noos étions et n'en était séparée que par un gouffre ant an fond duquel grondait un torrent écumeux. Ce torrent , qui roulait à six cents pieds an dessous de moi, m'était presque perpendiculaire , et j'aurais pu , de la place que j’occupais, 7 jeter avec la main un objet aussi léger qu'un tronçon de cigare. Je crois même que le rorher que nous occupions surplombait assex le torrent pour qu'un corps quelconqoe abandonné à sa propre pesanteur fût tombé an milieu de l'eau.
dait sans doute aucune; rar elle continua sans s’arrêter à poser tranquillement quelques questions du même genre à son lieutenant, qui, étant de l'école taciturne, ae contentait de répondre à aon supérieur per les simples monosyllabes oui et non.
Nous n'étions point encore fixés sur le sort qu'on nous réservait. Noua savions qu’il fallait mourir; maia de quel genre de mort?... Nona l'ignorions complètement. Pour ma part, je me figurait que le Padre avait l'intention de nous précipiter en bas de la falaise.
Ce point important fut enfin éclairci. Nous ne devions pas arriver à l’éternité parla route que j'avais cru d'sbord, une mort plus affreuse noua attendait : noua devions être pendus au-dessus de l’abime.
La nature semblait avoir voulu a<der le monstre dans l'accomplissement de tes horribles desseins. Plusieurs pins avaient poussé des branches horizontale' jusque sur l’extrême bord de la falaise. Ce fat
lor ces branches que le» Jarocbo» passèrent leurs long» îawoa.
" mm e loo» Ira Mexicain*, » uranier dra corde*, lU ne forant pu longe d.u leur, préparatif* ; et bieutdt Ira potence, n «tendirent pin* que
' Rognon, le* prérogetivra du rang, Lopra, dit J.ranU en vojeut que Ira prélimimire. iraient terminée , le capitaine dibord, eomxen-
"'ll' "o»i, rapittine, répondit l'imperturbible brigend prépoed à b
•nrveiHance de l'exécution. ... , „
— Je vous ai gardé pour le dernier, monsieur, dit le prêtre en a’ad ressent à Raoul , vous aurex le plaisir de ne partir pour le pur-
Cétait une disposition de terrain à peu près semounie a en» rafioe^h nou* evion. liuré eombet eu* chient minant b* Jjport on* iraient beaucoup pin. gigMHraqura et l'upoct pin. efrapul
"pendent que je irai» «mi nie. rapide «nr l'ebime, pluritura 01- .eeu* vol.ieet d.n. le gouffre ; mai. ib iraient pleeé » *-P deeaou. de moi pour que je pueee raeonm^ra leur MJ*ce U» . ^ teul d.m ion vol eudieieui, tnvera» d un bord à 1 autre de .bimc et vint en p,m*nt m'eBeurer le virage dn boni de un «le.
Eh bienV capitaine, me crie JirauU, que N'rat-ce pu U un parquet bées fait pour U dame ? Qu en pensea-
— As»ei 1
Au même instant, U musique s‘sirèU.
— Mille tonnerres! Lopex, j'ai on meilleur plan, cria le chef des bandits. Comment n'ai-je pas pensé k Cela plus ult? Heu re tue meut qu'il n’est pas trop tard, lio !
bo ! bo! carrant 60 ! il faut
le* faire danser sur leurs
têtes, ce sera beaucoup pins
Les hurlement* des Jaro- \ ^
cbos témoignèrent q ne cette \yfe
modification su programme V V -y
trait reçu l’approbation gé-
Le Padre ht un signe â ^
Lopet, qui s’approcha de lui U . N l“-. ''.V-
et parut en recevoir quel- ,ÿt r§T" ' '
Je ne compris pas d’abord 1 t ;
la nouveauté dans laquelle , I
mon ignorance ne fut pas di Mil
longue durée. Un Jarocbs +y> ; P 1 û | ,\|\
me asiait par le collet, mt \ V/J Wy
traîna à quelques pat de Jr tlvBSPïmF v 3pz Y
bord du précipice, et m'en- ' Jf i ‘J ! r*S) W Æt 1
leva le nœud coulant passé *&3^\ ) ivU/ f flt \*
autour de mon cour poui / 1 £
l’attacher autour de mes -n:..
Horreur sur horreur! J'ai-
lais être pendu la tête en ^ 4 'v? - ' v^j- ' 4 ■■'I ;'
— Cela fera bien meilleur t-,
effet; n'est-ce pas, Lopex? p
moins le temps de se préparer au ciel avant de mourir,
Un des Jarochos m'enleva ls baïonnette d'entre les dents en me
»§ Pendsnttout ce-temps les coups de feu retentissaient
dais des crie et des voix d’hommes mêlés à des bruits de p«> de chevaui et i des
prenais qu’un secours inespéré m’était arrivé, je devinais qu’un combat avmit lieu b quelques pas de moi, sais je ne pouvais rien voir, car sas tète se trouvait su-dessous du niveau du terrain oh se passait cette scène.
J'écoutais tous ces bruits avec une anxiété facile è
remuer; le poids du corps
retenu mea jambes dans !*
de ce côté; et comme mes &vijjjp^r - pieds étaient toujours étroi-
J PÇ- T J ' -, le ment liés, un seul mouve-
P\^S— ment aurait suffi pour les ~ . Caire glisser de dessus le
~ branche qui leur servait do
. , . . point d'appui et me prédpi-
t à aoo >«um •orvitem' — : Dohwsel ter dâB# D’ailleurs
j’étais affaibli par l'alternative de vie et de mort que je subissais depuis plusieurs heures, et j'avais tout juste ssaei de force pour m'attacher an troue d'arbre comme un écureuil effrayé.
Les coups de feu devinrent moins fréquents, les cris parurent s’éloigner, puis j’entendis un hourra, bourra anglo-saxon, hourra américain, et un moment après une voix bien connue diaait & mes oreilles — Par les cornes du diable, vous voici vivant! Je savais bien, moi, que vous nétie* pas mort. Allons, capitaine, nous voici! Et vous, enfants, aides-mot ! Tenet, preae* mes mains. Bien, bien 1
En même temps que ces paroles étaient prononcées, une main vigoureuse m'avait saisi par le çollfft d« mon habit et m’avait enlevé 4e mon arbre pour me déposer sur le sol.
Je regards! mes libérateur* Lincoln dansait comme un fou eu poussant des cris de joie. Une doutaine d'hommes vêtus de l’uniforme gros-vert des tirailleurs regardaient en riant aea démons ira lions. A quelques pas de là un détachement gardait des prisonnieis, tandis qu’une centaine «1 hommes, divisés en groupes, remontaient la colline et se dirigeaient vers nous. Célaient ceux qui revenaient de pouw suivre les Jarocbos qu'on avait mis en complète déroute- Je retrouvai U Twing, Henneaay, HelUs et plusieurs autre* officiers de ma connaissance. Ils m'entourèrent svee intérêt, et je requs h cette occasion plus de compliments «t de féliciterions que si c'eût été le jour d« mot n
i disloquant prea- - —
Î ue la mâchoire. La liberté *
e U parole m'était rendnc, — 1
mais je n'en oui pas; l'étais
incp.blt de proférer .ulre J. tanem»», - di. « Buimi
chose que des sons marri- uastaorti
calés.
— Laisses- lui aussi les
mains libres, il en aura besoin pour chasser les vautours; n'est-ce pas, Lapes?
— Oui, capitaine.
La corde qui me liait les poignets fut détachée , et je recouvrai l'usage de mes mains. J’étais couché snr le dos , les pieds tournés du cdté du précipice ; on peu h ms droite se trouvait Lopcx tenant en main le bout de la corde qui allait me lancer dans l'éternité.
— Maintenant, la musique ! Quand 1a musique jouera, ce aéra le sigoal pour vous, Lopex, ht entendre la voix du brigand- Je fermai les yeux et j'attendis U secousse ; cela ne dura qu'un moment, mats ce moment fut un siècle. Un silence absolu régnait aut ur de moi, nn de ces silences terribles comme ceux qui précèdent l'explosion d'une mine ou l'éruption d'un volcan.
Pois j'entendis ls première note du clairon... nuis en même tempo qu'elle un coup de feu retentit à mes oreilles, nn homme passa audessus de moi en chancelant , son sang conlsit à flou et m'inonda le visage; puis l'homme tomba la face en avant et disparuL Soudain mes jambes furent tirées svee force, et je fus lancé dans le vide de l*air la tête en bsa. Mes pieds touchant les branches de l’arbre, j’étendis les bras en me repliant sur moi-même et j'eus le boofct or d’empoigner une de ces branches. Après deux ou trois antres elforts surhumains, j 'atteignis le tronc de l'arbre lui-même et je m’v
LES TIRAHXEOAS AD MEXIQDE.
C'éult lè petit Jàth qtal nous ««ait amené ce secours.
Ap'èt an moment de conversation avec le major, je me retournai du côté de Lincoln. H te tenait debout à qurlques pat de moi, et èiatoinait avec attention on bout de corde qu’il tenait dan» »e* maint. Il était revenu de tea premier* transports de joie, et ta physionomie avait reprit ton caractère habituel.
a- Qu'y a-t-il. Bob? lui demtnd»l-je en remarquant ton air étonné.
— Vous me voyex dam une grande surprise, capitaine, répondit- il. Jü comprends bien totatnent ce brigand vous a entraîné dant ta chute; mai» ev qui me pasrt, tê*Wt de Voir cette corde coupée, et je me demande ce qu'est devenu l’antre bout.
Je reconnut alors que le fragment de corde qoi occupait l'attention du chasseur était celui qui avait entouré met jambes, et je lai eipliouai le Mytlère. Oe htut fait parut encore me rehausser dans l'ettime du sergent. il te tourna ver» un des tirailleurs, vieui chasseur comme Ibi, ht je l’entendis lui dire :
— Oui, Nat, lè capitaine est plus souple et plut agile qu’un chat thnfftp, fct il attraperait un onrs gris h la course. C'est moi qui vous lè dis, foi dé Bob Lincoln.
Après éélte réflciion si flatteuse pour moi, le brave sergent s’appVUcba du péédptee, etainint l’arbre, puis le bout de corde, puis revint encore à l'arbre, et se mit ensuite S jeter plusieurs petitt Cailloux dans le gouffre, afin tint doute d>n mesurer la profondeur. Il étaij évident que l’aventure lui paraissait merveilleuse, et qu'il tenait h s'engraver tout les détails dans la mémoire.
T seing et les autres avaient mis pied à terre. En me tournant de leur cdte, j'aperçus Clayley occupé à donner une accolade à la gourde fin major. L’étreinte fut cordiale. L'exemple dr mon lieutenant était bon h suivre, je l’imitai et m'rn trouvai lort bien.
*»a* Maia comment sm Vous fait pour nous rencontrer, major?
■»— C’feat Ce petit soldat qui nous a conduits au rancho où vnut avez été prit, répondit le major en me dc.ignant Jack. De là nous avons nullement suivi vos traces jusqu'à une grande hscieoda.
Ah! vous âVe* mis la guerrilla en déroule i
Mais nous n'avons pas vu de guerrilla.
Comment! à la hacienda?
^ 11 y avait des péons et des femmes, rien de plus. Mais oh donc •Vtli-je la tête?.,, 81, vraiment, il y avait des gens qui ont tiré ftUr nous. Tbornley et liillis que voici ont élé blessés grièvement «Us deux, et ils ne sont pas près d’être guéris, les p.uVrt» garçons I
Je tue tournai du côté de ces deux officier», mais Us naient tous deüî, et je n'y compris rien.
Ah ! lienncssy, continua le major, a également reçu un coup eu pleine poitrine...
— Ma foi, cela est Vrai! s'écria ce dernier.
<*— Allons, major, une explication, s'il vous plaît! dis-je alors d'un Ion sérieux, car je n’élais guère eu humeur de plaisanter; Je commençais en effet à deviner quels pouvaient être ces ennemis dont niriait le major, et lea railleries qu'on en faisait m'irritaient et me chagritfàient.
— Eh bien, capitaine, dit Hernie»»» répondant pour le major, je fais vous mettre au connut. Nous avons rencontré lea deux pins
Charmantes personnes que j’aie vues de ma vic.«. et riches !... riches CQMme Grésils. — N'est-ce pas, messieurs?
■ — C’est tdfit I fait cela, répondit llellis.
— Mais, reprit Hennessj, il falhit voir comme elles se sont cotn-
Ê rtécs avec votre tigre I Elles l'entouraient, elles le pressaient; J’ai a qu'elles allaient manger le petit bonhomme.
Je brûlais d'impatience d'en savoir davantage; mais comme je vis avait rien I tirer de ce côté, je prit le parti de cacher mon tbqulémde et de aatsir la première occasion de m’entretenir avec Jack. — Mais après là haeiéflda? demandai-je en changeant de sujet.
*— Nous suivîmes vu» tftlccs jusqu'au canon, où nous trouvâmes du ttttg sur les rochers. Là tout indice cessait, et nous étions eu défaut,
Î u a ud un tout jeune homme, qui pmSl dé la connaissance de votre Ick, un garÇétt, ms fôi! d’nn aspeet aussi gracieux que distingué, ndtas remit star vos traces , et puis il Hlspaétit sans que nnns l'ayons réVn déptait. Notas poursuivîmes sitisi jutqu'à tane petite prit lié située sür la litière dés bois. Le soi en était étrangement piétiné par chevaux ; Mais les trace» n’albient pas plu* loin, nous étions encore déroulés.
Et commébt iVéi-^rOus fait potaé venir juiqu’ici?
" P»? tan hasard bien singulier. Nous étions tout près d’arriver à
la roule Nationale, quand ce grand sèrgctlt de votre compagnie sa u U •1 milieu de h»US dé dessus le» branche» d'un arbre.
(Juî «Vf a- Vital Vb, Jack ? demandai-je tout bas à l’enfant aprè* fa voir t*é à part.
a»- Je les ai vus tous, capitaine.
*- F.h bien?
**- Ils m’ont demandé où vous étie», et qtahad Je leur al dit que... — Eh bien , après ?
ha Int paéu fort étonnés.
Et pats ?
— Et les teunes dames...
— Eh bien , Us jeune* dames?
— Elles étaient comme des folles et poussaient des cris de désespoir... Jack était la colombe qui apportait la branche d'olivier.
— Ont-elles dit où elles allaient? demandai-je après une pause d’un moment, pendant laquelle, tout éveillé que j’étais, je venais de faire on des rêve» les plus délicieux.
— Oui, capitaine; elles vont se fixer dans l'intérieur dn pays.
— Où ? mais où donc?
— C’est un nom asset singulier, je ne pourrai jamais me le rappeler. Jalapà? Orixiva? Cordova? Pucbla? Mexico? Je crois bicoque c’est on de ces noms-là, mais lequel? Voilà ce que j’ai oublié, capitaine.
— Capitaine Haller, cria à ce moment le major, on mot , s'il voua plaît! Il y a ici quelques uns de ceux qui se disposaient à vous pendre; lenrt, les reconnaiasei-vous?
En parisnt ainsi, le major me désignait cinq Jarocbos qui avaient été faits prisonniers.
— Oui, ré|>ondis-jc, je crois les reconniltre, cependant je n'o« rais pas certifier leur identité.
— Par saint Patrick ! major, je peux jurer sur mon salut que je le* reconnais, moi. Il y a turtout parmi eut nne canaille qui m’a donué une fameuse raison de ne pas l'oublier, si un coup de pied dans le ventre peut s’appeler une raison toutefois. — Allons, ne te cache ps* maintenant , vilain moricaud , regarde-moi un peu en face : ne me rcronnaia-tu pas?...
— Approches- vous, soldat! dit le major.
(■hane s’avança à cet ordre, et donna en quelques mots de» explications fort compromettantes pour les Jarocbos.
— C'est bien, dit le major après avoir entendu l'Irlandais. — Lieutenant Claibome, conlinui-t-il en s'adressant à l'officier le plus jeune en grade, quel est votre svis?
— La pendaison , répondit le lieutenant d’une voix solennelle.
— Lieutenant IMlis?
— La pendaison.
— Lieutenant Clayley?
— La pendaison, répondit mon lieutenant d'une voix ferme et vibrante.
— Capitaine lienncssy ?
— La pendaison.
— Capitaine Haller?
— Votre réholuliou est-elle bien srrêtée, major...
Je voulais essayer de modifier la rigueur de celle condamnation.
— Capitaine Haller, dit le major en m'interrompant brusquement, nous u'avons ni le temps ni la facilité de traîner après nom des prisonniers. Noire armée a déjà gagné Pl»n-dr!-KiO, et se prépire à attaquer le défilé. Si nous perdons une heure seulement, nous arriverons trop tard pour la bataille, et vous saVez aussi bien que moi tout ce qui en résulterait.
Je connaissais trop bien le caractère résolu de Twing pour faire nne plus longue opposition. Je me tus, et les Jarocbos furent condamnés à être pendus.
Le passage suivant, ettraii du rapport officiel du major sur toute PaRaite, fera suflisuniment connaître le résult.tt de cette sentence :
• Sous a' ons tué cinq hommes à l'ennemi et lui avons fait autant
• de prisonniers, te chef de ces bandits n’a pu être pris. Les prison-
• mers ont été jugés et condamnés à être /tendus. Ils avaient préparé
• des potences pour le caDitaine llaller et ses compagnons ; et faute d'en » aticur de plus convenables , nous nous sommes servis de celles-là pour
• eux. »