‹ Les tirailleurs au Mexique le capitaine Mayne ReidChapitre 41 sur 47 · CHAPITRE LVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVIIL

^ Doux fous d oOeiars.

— D est inutile de retourner sur la grande route, dis-je à mou eml après plusieurs voyages demeurés sans résultat.

Les oiseaux de rxroags «‘étaient ébattus a or las eadavrm.

avoir bu, je Isiaaai Tapliu régler su comptoir et j’allai donner un coup d’œil à nos chevaux. Mou ami ne fut pas long à me rejoindre; il nie présenta une bouteille de forme ovale, dont il déairail que je me chargeasse. Je l’acceptai et via en même temps qu'il ne s'était nas oublié liu même, car il plaçait daus U tonte vide de sa selle une seconde bouteille pareille à celle qu'il m’offrait.

— Où alloua- noua maintenant? lui dis-je quand nous fûmes remontés à cheval.

— Nous allons toujours continuer à remonter la route, laissezvous conduire.

Le liquide que je venais d’avaler avait apparemment fait disparaître mes appréhensions premières; car je ne trouvai rien à opposer au désir de mon camarade, et je le suivis sans lui dira autre chose que ces mou :

— Allons où vous voudrez.

On n'cniendait plus parler d« guenille dans le voisinage; car dp

soin, après avoir rassuré nos nouvelles connaissances, fut de conduire les solda U au camp.

Nous avions à peine fait dix pas dans cette direction , que Taplin s’arrêta et regarda en arrière.

— Qu'y a-t-U? lui demandai-je voyant que quelque chose le troublait.

— J’ai oublié le petit Indien, dit-il, c’est uu brave garçon dont je sois très-couieut , il faut que je lui donne quelque choie.

— 1/uld, moochachtr I

Comme on le voit, I Espagnol de Taplin n’était pas très-correct, mais il suffit cependant pour déterminer I enfant è s’arrêter.

— Tiens, moockadur, prends ceci; et il loi offrait un joli couteau de poche. L’enfant, S cette vue, revint sur ses pas, prit le couteau avec de grsudea démonstrations de joie, puis rejoignit les siens.

— 11 est bon de se faire un ami de ce garçon , ajouta Taplin, qui •nit si nous n'en aurons pas besoin?

— Essayons pourtant encore une fois, reprit Taplin.

— Soit; mais allons à cheval. Il nous sera facile de nous procaret des mustangs.

Bientôt après, en effet, noos avions à notre disposition deux chevaux sellés et bridés.

— 11 faut remonter la route, cria Taplin en s’élançant sur son cheval et en piqnant des deux dians le but de s’éloigner su plus vite du camp.

— Remonter la route I mais vous saves bien, lui dis-je en le rejoignant, qu’il v a du danger an delà de Bandenlla.

— An diable le danger. Haller! reprit mon compagnon en faisant prendre à son cheval une sllnre encore pins rapide.

Je ne me rendais pas compte du motif qui pouvait engager Taplin è remonter la route; mais, sans contrarier son désir, je le suivis, me réservant de loi faire des observations quand il serait devenu un peu pins calme. •

Noua fûmes bientôt è Banderilla. A l'entrée dn village il y avait une potada. Une antre posada se trouvait également à la sortie. Ces auberges étaient tenues alors par deux Français qui faisaient asaet bien leurs affsires avec nos soldats, auxquels ils vendaient principalement de l’eaif de-vie et du ubac : l’un et l'autre de la plus v.uuvaise qualité. Maia notre genre de vie nous avait reodus peu difficiles, et j'entrai avec Taplin dans la première auberge pour y prendre un verre d'eau-de-vie : elle était détestable et nous brûla comme du feu.

Nous remontâmes è cheval et gagnâmes au galop 1a posada numéro deux, où nous fimes une nouvelle balte et bûmes un second verre d'eau-de-vie. Le liquide était de meilleure qualité. Dans le bot d'en-

E ger nos soldaU à venir jusqu'à lui, l'aubergiste leur servait^uoe jucur passable connue dans le pays sous le nom de catalan. Après

Tl

C iii que les postes avsncés de Front-garde américaine «'étaient étaia dans le psyt, les guerrilleros l'avaient déserté pour se retirer pins avant dans les terres du côté de 1a capitale. Nous n'avions donc rien à craindre de leur part, mais noos n’ignorions pas que les habitants des campagnes étaient exaspérés par les vexations des pillards de notre armée. Plusieurs de ces maraudeurs avaient disparu, victimes sans doute de la vengeance des paysans, et nous avions même rencontré sur la route que nous venions de parcourir un ou deux cadavres de soldats américains.

Ces considérations auraient dû nous retenir; mais nous étions excités par le grand air, par la magnificence du paysage, et, sans nous arrêter à rien, nous continulmes un peu témérairement sans doute à pousser en avant.

Twisg mit l'alcade en demeure de lui fournir des vivras «t du fourrage.

Au bout de quelque tempe noua atteignîmes San Miguel Soldado smperbe parajé des muletiers. Nous fîmes le tour de sa vieille église dont le clorher domine su tom une plaine couverte de palmiers: nuis nous pénétrâmes dans U p* *

San Miguel, comme nous l «voua dit, est un persjé, ou, si l'on aime mieux, une étape de muletiers. Do atajo venait d'arriver presqu'en même temps que nous, et les arrieros étaient en train de manger leurs chicharone t devant 1s porte de l'auberge. Mou compagnon cl moi commencions ■ être affamés, le catalan nous avait ouvert l'appétit. Nous ne pûmes voir manger sans avoir envie d'en faire autant «t nous résolûmes de dîner à la fonda.

— Que pouves-voui noua donner ? demandàm fhfilel.

‘-nous an maître de

— ChUkamm y pan. {Du puis el dca poia chicto.) Noua mai aussi des œufs et du chilé à discrétion.

— Trèa-bitn. Qu'on «on» aonr. tout cela, dit Tapliu en aaouet de cbcval.

P ,< P* r * il »•«" "Ou» «oui proatenimet dmal 1 hôtellerie en examinant les arrieros.

11 se trouvait parmi eux quelques figures qui ne me semblaient nés devoir appartenir à des gens de cette classe. Un groupe de cinq ou six hommes arrivés après nous fixa surtout mon atteoiion. Ils s'étaient retirés dans un des angles de la fonda avec un air de mystère qui ne m'inspirai! qu'une très- médiocre confiance. Leur costume d’ailleurs différait de celui des arriérés, ils paraissaient, par leurs manières au-dessus du commun des payants, mais au-dessous pourtant ue* gens de diatuetion. C* pouyait uda-hiau Jtre dca aoleun .0 dea «uerrilleroa. *

Je fis part à Tapliu de mes soupçons.

— Rah! capitaine , répondit celui-ci, je n« sais pas où vous voyex «ela. Le sont tout bonnement de braves raneberos qui vont à 1a Ville acheter dm chocolat pour leurs femmes et du chiogarito pour eux. Allons, un autre verre de catalan avant de nous mettra à table

— Cela fait, nous retournerons an camp?

— Non po avant d’avoir grimpé cette colline que vous voyex làbas. 11 doit y avoir de là une vue magnifique , je vous le garantis, et nous serons bien récompensés de nos peines par l'admirable panorama que noua aurons sous les yeux.

— Qu’il soit donc fsit comme vous l’entendes.

Après avoir mangé nous laissâmes derrière nous San Miguel Soldado et ses arrieros, et nous continuâmes la route nationale jusqu'à ce que nous fussions arrivés su haut de 1a colline eu question. A quelque distance de ce point, la route s'enfoncait dans de grands bois de pins derrière lesquels se trouvait le hameau de la Hoyo.

Mon camarade avait eu raison de me promettre une belle perspective. En effet, un magnifique panorama se déroulait sous nos yeux. C'était, sans contredit, un des plus beaux aitea de La fierra cal tente.

Tout entier à la contemplation de ce délicieux paysage, j’en examinais avec soin un des plus charmants détails, quand je fus subitement arraché à ma rêverie par une exclamation du lieutenant. Je me tournai de aon côté.

Il avait les yeux fixés sur un objet qui paraissait l'intéresser vivement.

— Que regard ex-vous là ? lui demandai-je.

— Je contemple ce magnifique monument situé là-bas sur le bord de ce grand gouffre. N‘appelle-t-on pas cela une barranca?

— Oui... Qu* est-ce que c'est que ce monument ?

— C'est un des endroits les plut célèbres du pays. C’est le lieu de naissance d’un grand saint, qui n'est pourtantqu'un petit enfant. Avexvoua entendu parler du Nino dê Atocha?

— Oui, répliquai-je, j’ai entendu parier de l'Enfant d'Atocha. J'ai même vu des images de ce saint personnage dans presque toutes les maisons meiieainet où je suis entré.

— Eh bien ! c'est ici qu'est né le saint enfant. U nous iaut pousser jusque-là.

Cm bu* d. «TU». , daUoefc. ,4lM«. d... u

— Y p«o»es-Toua ? Ceal à dix mille, d. noir. root. .

— A cinq milles tout su plu, capitaine. Je auis sûr que je pourrai presque envoyer une balle de pistolet dau la coupole de cette vieilli église.

— Mais c’est nous expo ter à plaisir, mon cher ami ?

— Ab bah înoua n'avons rien à craindre. 11 n’y a pas dau tout ii pays jusqu à Ontavt un seul Mexicain qui soit armé. Nous ne itouverous personne, soyet-en sûr, de ce côié-ci de la roule.

■l'aurais eu beaucoup de choses à dire pour dissuader lapUn d'um aussi téméraire excursion; mais je connaissais mon homme pour l plu étrange qui fût au monde, et je savais que j’y perdrais mm tempa. Il se jetait dans le danger avec nne étourderie qui n’étJ égalée que par aon seul entêtement; mais une fois qu’il y était eneicê ü s’en tirait avec le sang-froid et le courage les pins admirable: qui

Page 1