LES TIRAILLEURS AD MEXJQU
arriva avec un verre de p fl le à la main, u strur la auivait portant un hraaero rrmpli de charbons allumé*.
De la plare que noua occupions, nom cntrndimes don Juan demander, en ptrlant de non*, quel» étaient cet étranger». Et »ur la réponse qui lui fut faite que nous étions des officiers américains du camp de Serena, il s'écria :
— Curai , m aUitu.il
En même temps le jeune homme frappait avec colère la haut de grandes boitr* avec la cravache qu’il tenait à la main, jetai ici yeux sur mon ami. Comme moi-même, il n'avait perdu des mni'vr ment* du nouveau venu. A U vue des démomirainjun*use* auxquelles *e livrait le jeune Mexicain, le sang gonfla de Taplin, se» jour» devinreut i lies, et un cercle noir »e forma de *e» yeux agrandi» par la colère. La familiarité dont le jeune adv usait vis-à-vis des hiles de notre hôte avait excité la jadu lieutenant, d'autant plu» qu’il était évident que c'était qui se trouvait être surtout l'objet de la prédilection de ton
itre.
Après que le jeune seigneur eut fini de boire, et qu'il eut remis le verre vide entre les mains de Pépita, Anila demeurée seule avec l'étranger lui présenta le brasero, pour qu'il y allumât son cigare. Ils causèrent tou* les drui sous la galerie extérieure. Aucun de leurs mouvements ne nous échappait; et à chaque fois que le jeune Mexicain se penchait familièrement à l'oreille da la petite Indienne, je voyais mon ami Taplin porter machinalement la main à la poigneo de son sabre.
— - Allons, lui dis-je, tenex-vous tranquille; le jeune homme n'a pas de mauvaises intentions, et il sera bientôt parti.
— Pas de mauvaises intentions! murmura-t-il entre ses dents, n’est ce pas trop déjà qu’il soit son maitre?
— Pion, il est simp'ement leur seigneur.
— Oui, c'est-à-dire qu’il peut les veudre ou lit échanger contre un boisseau de mai» ou un sac de lève*. (Quelle honte!
La jeune fille paraissait évidemment nul h l’aise daus la compagnie du jeune homme; tandis que celui ci semblait prolonger ij cour par bravade, et jetait de temps a autre de noue côté des regards pleins d'insolence et de provocation,
'l'ont en allumant ton cigare pour la quatrième ou cinquième fois, il se pencha de telle aorte que ses lèvres vinrent efileurrr le tront de la jeune fille. Celle-ci sr rejeta en arrière avec un air offerne. Je me retournai pour arrêter Taplin, mais il était trop tard, Le lieutenant était entré d’un bond dans l'cnclôture, et avant que j'eusse pu ni rien «lire ni rien faire pour l’eu empêcher il avait saisi le Mexicaiu par sa mange et l’avait jeté comme un enfant au milieu de la baie vive de cactus. Les plantes fleuhlcs s’inclinèrent sous ce poids, et Je corps du Mexicain pansa du côté opposé.
— Carajo, maldilol cria celui-ci en se relevant et en jetant sur nous un rrgard empreint de terreur et de haine.
— Décampes au pins vite, mon jeune blanc-bec, dit Taplin en lui montrant les bois, il n'y a pas de temps h perdre si vous lenet à couserver vos cheveux sur votre tête.
Le hacierulado, voyant de quel air déterminé son adversaire s'approchait de lui, ne crut pas devoir l'attendre, il saisit son cbeval par la brida, monta rapidement en selle, et disparut sans ajouter un seul mot.
Le vieil Indien paraissait fart étonné de U manière peu révérencieuse dont on s'était comporté envers son seigneur et maître. Pour ma part, j'étais fiché du désagrément que cela pouvait attirer au
r iauvre homme, et tout dispose à reprocher à mou ami sa conduite rréfléchie ; mais il y avait pour nous uu autre point plu» important. L’escapade de Taplin nous mettait dans une fort mauvaise position. Mous étions à une grande distance du camp, noua en ignorions le chemin, et nous n'avions pour toutes armes que nos épért de parade et une paire de pisloltl* pour noua défendra en cas d’attaque; et ce cas pouvait très-bien se présenter, car ie jeune Mexicain, exaspéré de l'affront qu'il avait reçu, ne manquerait pas de rassembler ses péons et de venir h leur tête nous faire payer l'insulte qu'il avait reçue.
Je fis part de mes inquiétudes à mon ami sans pouvoir les lui faire partager. L'amour et le catalan lui avaient porté au cerveau, et il ■’y avait pas moyen d'en tirer une bonne raison. A l'entendre, il n'y avait pa» de guerrillero, dans le voisinage, il te moquait de toute une armée de péons, et ne se proposait rien moins que de courir tout le pays S le recherche «lu jeune dut de, auquel il promettait «le couper les oreilles s'il entendait jamsia dire que le vieil Indien ou ses filles eussent à souffrir de sa colère.
Pour tout dire, je n’étais pas moi-même dans mon assiette ordinaire, j’avais aussi visité trop souvent ma bouteille. Depuis notre arrivée au rancho, notre hôte nous avait encore rég«lé» de quelques coups de meical {eau-de-vie de magucys). bi bien qu'à force de prêcher mon ami, ea fut moi qui fini» per être de aon svia; et que. oubliant font. Je camp et le danger, nous rnstàmes au rancho sans nous p-éoccuper de hen.
Mes souvenirs sont un peu confus , et pour cause. Je m» rappelle
cependant que nous dînâmes les jambes croisées sur des prtalés; noire bêie et sa famille ne prenaient pàs paît au repas, car il» avaient dîné avant noire arrivée. Je me rappelle encore qu'sprè* te repas je pressai de nouveau Taphn pour l'engager à partir; mais qu’il résiste comme avant, en m'objectant qu’il voulait apprendra à faire de» paniers. Je me souviens vaguement encore que nous pusimes plusieurs heures occupés ce effet s manier des branches de palmier et que pendant ce temps Taplin fit uae cour assidue à la belle indienne, dont il paraissait éperdument amoureux; je crois même qu’il parvint à l'intéresser à sou amour, car à deux ou trois reprises U me sembla que la jeune fide fixait à la dérobée sur lui des regard» qui indiquaient qu'elle comptait sur son respect et son courage pour la protéger et la
défendre au besoin. Pauvre garçon! il ne devait jamais la revoir
Mais fntidpe*
Les rayons du soleil qui filtraient k travers les interstices (les cactus et les teignaient de leurs rouges lueurs nous avertirent que Je jour était sur son déclin. Nous commencions à devenir filas ssges, et nous demandâmes nos chevaux, que Pepe nous amena 041 s'offrant volontairement k nous servir de guide pour nous faire traverser la tarrunca, passage dangereux qui se trouvait sur notre roule. Nous voulûmes forcer nos botes à accepter de l’argent, mais on eut la délicatesse de retuser; ce que voyant, nous tirâmes nos anneaux d'or de no» doigts en priant les jeunes filles de vouloir b eu les conserve! en souvenir de nous. i\os pré.enl» furent acceptés. Mous nous finies de tendres adieux , et uous nous séparâmes enfui non sans nous être promis de nous revoir.